Carte blanche

Quelle place pour l’industrie luxembourgeoise en Europe?

24 Février 2018 Par René Winkin (Fedil)
René Winkin
René Winkin: «Les équipements pour l’automobile, les matériaux de construction, les composites, les machines et les TIC; tous ces produits et services font partie des leviers à activer pour accomplir l’agenda de la modernisation industrielle.» (Photo: Maison Moderne/archives)

En marge des Journées européennes de l’industrie, le directeur de la Fedil livre sa vision de la place du Luxembourg en Europe dans ce pilier majeur pour l’économie.

Une base industrielle solide est essentielle pour l’activité économique forte dans tous les secteurs de l’économie, y compris les services. L’industrie et les PME européennes constituent l’épine dorsale de l’économie européenne et le moteur essentiel de la croissance, de la productivité, de l’emploi, de l’innovation et de l’exportation.

Nous avons besoin d’une stratégie intégrée pour l’industrie européenne qui augmente ses chances de réussite sur des marchés souvent globaux. Les ingrédients du succès sont multiples et divers: l’orientation et la capacité de mobilisation de la politique de recherche, la promotion et l’encadrement de la digitalisation, le succès mais aussi le coût de la transformation énergétique, le fonctionnement du marché unique, l’aisance et la qualité des échanges commerciaux avec les pays tiers et, last but not least, la mobilisation des talents. Tous ces chantiers de la politique européenne revêtent une importance particulière pour l’industrie luxembourgeoise qui se veut être à la pointe du progrès et pour laquelle les libres circulations des talents, produits, services ou données sont vitales.

Les Journées européennes de l’industrie, qui se sont déroulées les 22 et 23 février à Bruxelles, ont permis de souligner les défis technologiques et sociétaux autour desquels il importe de mener un dialogue constructif entre décideurs politiques et industriels en Europe. À l’image du processus «troisième révolution industrielle», organisé au Luxembourg, des panellistes y ont illustré les liens étroits entre la digitalisation, la transformation énergétique, la mobilité ou encore l’économie circulaire.

L’esprit d’entreprise et l’investissement dans la recherche et l’innovation resteront des vecteurs élémentaires du progrès voulu.

René Winkin (directeur de la Fedil)

Les nouveaux matériaux, les biotechnologies, le captage, la transmission, le stockage et le traitement de données, les innovations organisationnelles, la cybersécurité ou encore l’intelligence artificielle sont devenus des activités à caractère horizontal, appelées à soutenir la transformation technologique favorable à une économie plus compétitive, innovante et soutenable.

L’industrie luxembourgeoise se trouve au cœur de ce mouvement. Les équipements pour l’automobile, les matériaux de construction, les composites, les machines et les TIC; tous ces produits et services font partie des leviers à activer pour accomplir l’agenda de la modernisation industrielle. Les entreprises concernées veulent anticiper à temps les changements qui s’opèrent sur leurs marchés, voire pousser et orienter elles-mêmes ces changements. Plusieurs centres de compétences au List et à l’université ainsi que le projet du HPC gravitent autour des mêmes thématiques, ce qui représente un bon encadrement technologique pour nos industries. Les décideurs politiques doivent garder en mémoire que l’esprit d’entreprise et l’investissement dans la recherche et l’innovation resteront des vecteurs élémentaires du progrès voulu.

L’Europe affiche des ambitions industrielles et elle devra en faire un élément transversal de ses différentes politiques pour réussir. Ceci étant dit, nous craignons que la mobilisation et l’attrait des talents puissent s’avérer être le talon d’Achille de la révolution industrielle en Europe. Nous en avons fait un sujet prioritaire à la Fedil et continuerons à encourager les gouvernements successifs à mettre en place une stratégie spécifique d’éducation à l’entrepreneuriat, ou d’intégrer une stratégie à cet effet dans leur politique d’éducation.