Débat en Lorraine

Polémique autour du nouveau nom de l’aéroport

09 Juin 2015 Par Jean-Michel Hennebert
Outre le prix du changement de nom de l'aéroport régional de Lorraine, c'est la présence d'un anglicisme qui pose problème. (Photo: Licence C.C.)

La nouvelle appellation appliquée depuis le début de l’année à la structure aéroportuaire située entre Metz et Nancy n’est pas au goût de tous les Lorrains. En cause notamment, l’utilisation d’un anglicisme pour le nouveau nom.

Changer de nom pour tenter de conquérir de nouvelles parts de marché. Telle était l’idée du Conseil régional de Lorraine qui a rebaptisé, au début 2015, l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine en «Lorraine Airport». Une modification restée relativement confidentielle et qui n’avait pas engendré de polémique jusqu’à présent. Mais c’était sans compter sur le collectif Anticor, qui assure viser «à combattre la corruption et réhabiliter la politique».

Car au-delà du coût du changement de nom et de l’ensemble de la signalétique, estimé quelque 90.000 euros, c’est le choix du nouveau nom qui se trouve au cœur de la polémique. En cause, le choix de l’anglicisme «airport». «Je pense que nous n’en serions pas arrivé là si la loi Toubon (loi destinée à protéger le patrimoine linguistique français, ndlr) avait été respectée. Et notamment l’article 14 qui dit que toute personne de droit public ne doit pas utiliser de nom à consonance étrangère», indique Marcel Claude du collectif Anticor, interrogé par France3 Lorraine.

Pour le propriétaire et gestionnaire de l’aéroport lorrain, cette polémique étonne, surtout dans un contexte de forte concurrence au sein même de la Grande Région. «Dans un cadre international d’activité aéroportuaire où l’anglais est la langue internationale, Lorraine Airport porte mieux que EPMNL (établissement public aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, ndlr). Il n’y a pas eu malice de la part du conseil d’administration dans le choix du nouveau nom qui vise à attirer de nouveaux voyageurs», assure Roger Tirlicien, président de Lorraine Airport et vice-président du Conseil régional de Lorraine. Une médiation entre les deux parties a d’ores et déjà été programmée. La première réunion doit ainsi avoir lieu dans le courant du mois de juin.