Création théâtrale

Le théâtre pour dénoncer et réfléchir

31 Octobre 2014 Par France Clarinval
Larisa Faber est Dijana, une jeune femme bercée d'illusions qui se voit contrainte de se prostituer. (Photo: Misch Feinen)

La nouvelle production de Maskenada, «It felt empty when the heart went at first but it is alright now» raconte la prostitution forcée et prend pour décor le passage souterrain de Hamilius.

Depuis sa fondation en 1995, le collectif d’artistes Maskénada nous a habitués à des productions originales dans des lieux qui ne sont pas destinés aux spectacles. Mais avec sa dernière production, l’association frappe un grand coup. Non seulement c’est sa première production en anglais, non seulement elle traite du sujet ô combien délicat, complexe et douloureux de la prostitution, mais en plus, la pièce est donnée dans le passage souterrain Hamilius, un lieu emblématique de la capitale qui sera bientôt détruit.

«It felt empty when the heart went at first but it is alright now» de Lucy Kirkwood aborde les tabous de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle et de la prostitution forcée. Cette réalisation collective transgresse les frontières non seulement au niveau du thème, mais aussi des lieux.

Une pièce qui raconte l'histoire de Dijana, une femme forcée à la prostitution par son petit ami qui devient son maquereau. La pièce nous emmène dans une perspective rétro chronologique à travers différentes étapes de vie de Dijana, son rêve qui devient un cauchemar, ses espoirs et ses déceptions.

Sa vie était toute tracée: travailler dur, économiser, acheter ce billet pour l’Angleterre et vivre enfin dans ce pays de cocagne. Puis, elle rencontre Babac et pense qu'elle a touché le gros lot — petit ami, bébé, Londres. Mais la vie de Dijana va prendre un autre tour qu’elle n’aurait jamais envisagé et de protagoniste elle va devenir victime.

Son chemin croise celui de Gloria, une Nigérienne qui se bat avec fougue contre cette spirale descendante. Des mots durs et crus, de l’humour pour se sauver du désespoir, des phrases-chocs qui en disent long sur l’humain en tant que bien de consommation… La pièce frappe fort et là où se fait mal.

Avec Larisa Faber et Jacqueline Acheampong

Mise en scène: Rafael Kohn

Musique: Serge Tonnar

Make-up Design: Joël Seiler

Visuals: Misch Feinen

Production Management: Dani Jung

 

«I know exactly how much I am worth.

I am worth 1.000 euros because that is how much Babac paid for me.

To put in easy language, that is like two-and-a-half iPhones.»

 

Le 1er novembre à 20 h au passage Hamilius

www.maskenada.lu