Organismes de placement collectif

La Place n’en finit plus de battre des records

11 Février 2018 Par Jean-Michel Hennebert
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Au 31 décembre 2017, la CSSF enregistrait un patrimoine global net des organismes de placement collectif de 4.159,6 milliards d’euros. Soit le niveau le plus haut jamais enregistré, deux mois à peine après avoir franchi la barre des 4.000 milliards sous gestion.

Loin d’être une vue de l’esprit, le poids du Luxembourg dans le secteur financier se confirme d’année en année. Preuve en est, le développement du patrimoine global net des organismes de placement collectif (OPC) actifs sur la Place qui a atteint, en décembre 2017, un nouveau record. Selon les dernières données de la CSSF, publiées la semaine dernière, quelque 4.160 milliards d’euros d’actifs étaient gérés depuis des structures implantées au Grand-Duché. Contre à peine un peu plus de 70 milliards d’euros en 1990. Soit un volume qui aura été multiplié par près de 60 en moins de 30 ans.

Suivant le rythme des échanges financiers au niveau mondial et la recherche de produits à meilleur rendement, la croissance de ce qui est devenu l’un des secteurs majeurs de la Place s’est concrétisée au début des années 2000 avec le franchissement de la barre symbolique des 1.000 milliards d’euros. Le volume global sous gestion doublait ainsi en 2007 – avant un recul en raison de la crise financière de 2007-2008 – et doublait une fois entre 2007 et 2017. Un phénomène qui trouve son explication dans le positionnement précoce du pays sur le marché des fonds, devenant par là même une référence sur le marché mondial. Particulièrement pour les investisseurs chinois.

Mais si le volume global du patrimoine sous gestion connaît une courbe ascendante vertigineuse, la tendance n’est pas la même en ce qui concerne le nombre d’OPC actifs sur la Place. D’un millier au début des années 1990, ils sont actuellement 4.000, tendance à la stagnation.

Depuis 2007, le nombre d’inscriptions auprès de la CSSF ne cesse d’ailleurs de se réduire, alors que le nombre de radiations, lui, reste constant depuis une décennie. Et à un niveau plus élevé qu’avant la crise financière.

Polymorphe, l’industrie des fonds grand-ducale reste marquée, dans l’ensemble, par des résultats positifs, dans un contexte de forte concurrence entre places financières internationales. Sur les six dernières années, seuls quatre trimestres ont ainsi vu des montants de retrait plus importants que ceux des investissements, selon les données de l’Efama, l’association européenne des fonds et gestion d’actifs.

Dans le détail, les investissements réalisés via les structures luxembourgeoises ont recours principalement aux fonds obligataires, aux fonds multi-actifs, sans oublier le private equity. Les sicav monétaires et les autres types de fonds restant encore peu développés sur la Place.

Si les investisseurs de produits gérés depuis le Luxembourg se situent aux quatre coins du globe, les initiateurs des OPC luxembourgeois possèdent un nombre limité de nationalités. Si les Allemands détiennent un tiers des OPC actifs (34,2%), devant les Suisses (14,2%) et les Britanniques (7%), les plus grandes fortunes en volume sont gérées par des acteurs d’origine américaine (20,5%), britannique (17,6%) et allemande (14,6%). Les premiers géraient ainsi, au 31 décembre 2017, 854.284 milliards d’euros contre 732.223 milliards pour les deuxièmes et 605.217 milliards pour les troisièmes, selon les données de la CSSF. À noter que les ressortissants européens sont très largement représentés sur la Place et que les nouveaux acteurs, notamment asiatiques, ne représentent que 6% des actifs sous gestion au Grand-Duché.