Entreprises de moins de 250 salariés

Coups de pouce nécessaires pour les PME

14 Mai 2017 Par Jean-Michel Hennebert
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La présentation, début mai, d’un nouveau projet de loi destiné à soutenir les petites et moyennes entreprises illustre les difficultés rencontrées en termes d’entrepreneuriat. Aux problèmes de terrains ou de transmission, ces structures font aussi face à un problème de mentalité.

Avec ses quelque 32.000 entreprises officiellement recensées, le Luxembourg n’en demeurerait pas moins un pays marqué par un faible taux d’entrepreneurs à en croire Francine Closener (LSAP), secrétaire d’État à l’Économie. Lors de la défense à la Chambre, la semaine dernière, de son projet de loi lié au régime d’aides aux PME, elle a indiqué vouloir «réveiller l’esprit d’entrepreneur».

L’affirmation, basée sur le ratio entre le nombre de PME actives et la population résidente, reste cependant contestable au regard notamment de plusieurs études. L’une des plus récentes, réalisée par EY et datée de 2014, indiquait que «45% des emplois sont apportés par l’entrepreneuriat en général». Soit l’équivalent de quelque 180.000 personnes. Marc Baum (Déi Lénk), à la tribune de la Chambre, avait également fait état de données Eurostat qui établissaient un ratio plutôt flatteur pour le Luxembourg, avec un ratio de 1 entrepreneur sur 18 contre 1 sur 40 en Allemagne.

Forte variation des aides au fil des ans

Mais les propos de Francine Closener ne sont pas pour autant dénués de tout fondement, puisque le Grand-Duché apparaît comme l’un des pays où le choix d’embrasser le mode de vie d’un entrepreneur est le plus faible. «Seuls 9,7% des entrepreneurs luxembourgeois sont motivés principalement par le manque d’autres options pour gagner leur vie comparé aux 22,4% des entrepreneurs européens», note l’étude Global Entrepreneurship Monitor 2015/2016, qui ajoute par ailleurs qu’«en moyenne, les entrepreneurs se décrivent plus souvent insatisfaits de leur vie (15,4%) que les autres (9,7%)».

Pour tenter de remédier à ce constat, les différents gouvernements ont mis en place une série de mesures financières, dont les montants ont nettement varié au fil des ans.

Au cours des 15 années écoulées, ces aides ont majoritairement profité au secteur de l’artisanat qui s’est accaparé en 2016 58% de la totalité des aides versées. Contre 27% pour le commerce et 15% pour l’hôtellerie.

Parmi les difficultés recensées pour les entrepreneurs, les questions liées à la digitalisation, à la transmission de l’entreprise, qui devraient concerner 3.000 PME et 47.000 salariés dans les 10 prochaines années, mais aussi et surtout celles des difficultés à trouver des terrains dans un pays soumis à une forte pression immobilière. Face à des prévisions de croissance tablant sur un Luxembourg a 1,1 million d’habitants d’ici 2060, la priorité politique a été placée en premier lieu sur le logement. Ainsi, sur les terrains encore disponibles, l’Observatoire de l’habitat estime à 2.700 hectares le potentiel foncier, soit un peu plus de 20% du territoire.

Des terrains qui appartiennent, dans 90% des cas, soit à des propriétaires privés, soit à des personnes morales. Pour pouvoir se développer, les PME – qui représentent 87% du tissu économique luxembourgeois selon les données de l’OCDE – n’auront d’autre choix que de se baser sur les plans sectoriels en cours d’élaboration. Selon Francine Closener, six zones d’activités régionales seront étendues pour une surface totale de 600 hectares supplémentaires. Selon le député Félix Eischen (CSV), 149 entreprises sont actuellement en quête d’un lieu assez vaste pour pouvoir s’installer.