Carte Blanche 2/5

«Concentrer les efforts sur des pôles d’excellence» 

31 Juillet 2017 Par L'équipe de la Lhoft
Lhoft
De gauche à droite: Alex Panican, head of partnerships, ecosystem and coworking; Émilie Allaert, head Operations and Projects; Nasir Zubairi, CEO; Dilek Ayaydin, head of administration; Manon Loison, head of marketing. (Photo: Module1.eu)

Comment le Luxembourg peut-il attirer plus de start-up et favoriser leur succès? Paperjam.lu a demandé aux responsables des principaux incubateurs du pays leurs recettes pour devenir, sur le long terme, une start-up nation.

Le Luxembourg est en pleine mutation, dévoilant un nouveau visage, celui de l’entrepreneuriat, de l’innovation et de la création. Cet engouement pour proposer de nouveaux services à la pointe de la technologie est favorisé par une volonté politique sans failles et un engagement de l’ensemble des acteurs de la place. 

Un hub prometteur pour les start-up fintech

Le Luxembourg concentre aujourd’hui des atouts non négligeables et offre un environnement plus que favorable pour le développement et l’accueil des start-up dans leur ensemble. C’est aussi une place financière de premier ordre puisque le Luxembourg est le premier centre de banque privée de la zone euro et la deuxième place mondiale pour les fonds d’investissement. Classé numéro 1 au monde pour sa maturité technologique[1] («technological readiness») selon le Global Competitiveness Report, le Grand-Duché se positionne naturellement comme un hub prometteur pour les start-up fintech. C’est dans ce contexte que la Luxembourg House of Financial Technology (Lhoft) travaille au quotidien avec de nombreux acteurs afin de favoriser et consolider l’écosystème fintech au Luxembourg, mais aussi promouvoir et placer cet écosystème sur l’échiquier mondial.

Faire évoluer les perceptions

Les perceptions à l’étranger ont la vie dure et certaines fintech étrangères peuvent hésiter à s’installer au Luxembourg. Nombreuses sont les craintes sur l’immobilier d’entreprise, son coût, sa rareté ou encore sur les infrastructures. Néanmoins, ces perceptions tendent à disparaître une fois que les start-up s’installent au Luxembourg et se confrontent à la réalité. Effectivement, le Luxembourg investit énormément dans ces domaines. En ce qui concerne l’immobilier d’entreprise, le prix au mètre carré reste dans la norme des pays européens. Les infrastructures sont en plein développement et devraient améliorer la qualité de vie. Au niveau de l’infrastructure technologique, la fibre sera disponible dans tout le pays d’ici à 2020, avec 60% du pays déjà couvert[2]. De plus, dans un monde où l’information est devenue une monnaie à part entière, le Luxembourg est le leader européen de la sécurisation et de la gestion des données. Le pays est l’hôte de data centers très haute sécurité. En effet, 7 des 52 Tier 4 data centers mondiaux sont au Luxembourg[3] (l’Angleterre en compte un seul).

Valoriser un environnement d’affaires ouvert et dynamique

Collaborant avec des start-up fintech à l’étranger, la Lhoft valorise, de concert avec les autres agences luxembourgeoises, le dialogue entre le gouvernement luxembourgeois, le législateur, les régulateurs et le secteur privé, qui est une clé de voute du succès du Grand-Duché. L’environnement d’affaires luxembourgeois se caractérise par un formidable accès aux décideurs et une vraie disponibilité de la communauté, ce qui étonne tout entrepreneur visitant le pays pour la première fois. Le temps est un facteur critique pour tout entrepreneur et le Luxembourg sait y répondre. Outre cette grande réactivité, le Luxembourg concentre un large vivier de talents, un vrai sens du multiculturalisme (47% des résidents sont étrangers[4]), un positionnement géographique au cœur de l’Europe, une large palette d’options de financement et une facilité pour s’exprimer et signer des contrats dans la langue de son choix que ce soit le français, l’allemand ou l’anglais. De même, la loi d’autonomie permet de choisir la loi qui régit les contrats et la Cour de justice de Luxembourg est compétente dans tout cas de litige. Ces messages martelés à plusieurs reprises portent leurs fruits et constituent une check-list idéale pour les start-up qui s’installent au Luxembourg.

Favoriser la formation et l’upskilling

Favoriser l’excellence, c’est aussi développer l’offre de formations pour que les start-up aient à porter de main toutes les ressources humaines nécessaires, inciter plus de Luxembourgeois à se lancer dans l’entrepreneuriat, encourager les liens entre le monde académique et les entreprises privées et valoriser les métiers de demain tels que les compliance officers, web developper ou les data analysts. L’upskilling doit également être favorisé. Les métiers évoluent et il est possible, en suivant des formations dédiées, de s’adapter aux métiers de demain tout en restant dans la même société, mais en devenant ainsi plus compétitif, développant un vrai atout face à la digitalisation.

Faciliter l’accueil

Même si l’on peut penser qu’agir sur la fiscalité attirerait davantage de start-up comme le proposeraient d’autres États membres, le Luxembourg a d’autres atouts à forte valeur ajoutée à promouvoir. D’autre part, favoriser le passeport européen via le Luxembourg constitue un atout tangible pour attirer les start-up fintech. En effet, le passeport européen permet à une société de gestion, ayant obtenu un agrément par l’autorité de son pays d’origine, d’exercer ses activités dans toute l’Union européenne.

Investir aujourd’hui pour mieux se développer demain

En définitive, enrichir l’écosystème start-up et fintech luxembourgeois, c’est aussi investir aujourd’hui pour se développer demain. Les fintech offrent une expérience client améliorée, une plus grande réactivité face aux changements réglementaires, mais permettent aussi des diminutions de coût, et ouvrent de nouvelles perspectives de business. Il est important de concentrer les efforts sur des pôles d’excellence identifiés et alignés avec les objectifs de la Place luxembourgeoise, en amont desquels les paiements, la regtech, l’insurtech, l’AI, la wealthtech, le big data ainsi que la cybersécurité.

[1] Global Competitiveness Report, The World Economic Forum 2016
[2] http://www.gouvernement.lu/3797953/connectivite-nationale
[3] http://www.gouvernement.lu/3929069/centres-de-donnees
[4] Statec