Théâtre

Amour absolu et impossible

16 Janvier 2015 Par France Clarinval
Partage de midi
Quatre personnages en quête d'amour et d'absolu. (Photo : Bohumil Kostohryz)

Pour la troisième fois, Marja-Leena Junker met en scène une pièce de Paul Claudel. «Partage de midi» traite autant de passion que de culpabilité.

C’est sans doute une des œuvres les plus personnelles de Paul Claudel, parce qu’il revient sur un épisode douloureux de sa vie: sa passion avec une femme mariée après sa tentative infructueuse d'entrer dans les ordres religieux.

Sur le paquebot Ernest Simon en route vers la Chine, fin 1901, le jeune consul de France à Fou-Tchéou, Paul Claudel, 33 ans, fait la connaissance d’une belle jeune femme mariée et entame avec elle une liaison passionnée, qui va durer plus de trois ans et qui va bouleverser sa vie d’homme et d’écrivain. Cette liaison fait scandale dans le milieu colonial de l’époque, et quand la jeune femme tombe enceinte des œuvres de Claudel, elle est contrainte de quitter le pays.

L’amour de la femme, que Claudel a ainsi connu pour la première fois de sa vie dans son aboutissement sensuel et profond, a secoué tout son être, ébranlé ses convictions et ses croyances. Cet amour a aussi inspiré à l’auteur – et donné à la littérature française – les plus belles pages dit-on sur la force de l’amour charnel.

Cette histoire vécue, Claudel va la raconter fidèlement et très rapidement après les événements, dans ce «Partage de midi», son œuvre la plus intime et la plus secrète. On dirait que cette œuvre échappe en quelque sorte à son auteur, que ce texte vient de son for intérieur bouillonnant de tant de sensualité, de passion, de folie, et qu’il a fallu tout le reste de sa vie pour essayer de contenir ces sentiments dans le moule si convenable de poète académicien, d’ambassadeur de France et de figure emblématique de l’intellectuel catholique de l’après-guerre.

Mise en scène: Marja-Leena Junker

Scénographie et costumes: Joanie Rancier

Musique: René Nuss

Lumières: Patrick Grandvuillemin

Assistance à la mise en scène: Antoine Colla et Carole Fontaine

avec

Myriam Muller, Olivier Piechaczyk, Franck Sasonoff, Serge Wolf

 

Les 16, 17, 21, 23 et 24 janvier à 20h00

Les 18, 22 et 25 janvier à 18h30