Michael Delano (Associé, PwC Luxembourg)

«Une responsabilité accrue des administrateurs»

07 Février 2019 Interview par Laura Fort
Michael Delano, PwC Luxembourg
Selon Michael Delano, «le nombre d’administrateurs indépendants et non exécutifs augmente au sein des boards». (Photo: PwC Luxembourg)

Michael Delano, associé chez PwC Luxembourg, revient sur les principales tendances identifiées dans la dernière étude du cabinet sur la gouvernance des fonds au Luxembourg. Il met en avant certains ajustements possibles, en matière de rémunération et de mixité.

Quelles leçons tirez-vous de cette neuvième étude sur la gouvernance des fonds qui vient de paraître?

Michael Delano. – «L’étude, réalisée tous les deux ans, fait ressortir plusieurs informations importantes. D’abord le fait que le nombre d’administrateurs indépendants et non exécutifs augmente au sein des boards. Et ce malgré le fait que ce ne soit pas une obligation contraignante, mais seulement une recommandation du régulateur. 

Une autre tendance se renforce également d’année en année, à savoir la hausse de la responsabilité des administrateurs en matière de conformité et de régulation, avec le Brexit en toile de fond. 

Enfin, les administrateurs utilisent davantage le recours à des comités ou sous-comités spécifiques, ce qui fluidifie la communication entre les parties prenantes.

Quelles pratiques mériteraient encore d’être améliorées selon vous?

«L’étude aborde sensiblement les mêmes questions dans ses différentes versions. Nous estimons que les différents sujets de gouvernance vont continuer à évoluer et à s’améliorer. Mais nous ne pourrons évaluer l’impact des résultats et recommandations de cette étude que dans la prochaine édition, en 2020, le temps aussi pour les acteurs d’implémenter leurs nouvelles pratiques et de réaliser des ajustements.

En quoi devraient justement consister ces ajustements?

«Les rémunérations des administrateurs devraient encore augmenter, notamment du fait de la hausse croissante de leurs responsabilités. Cependant, leur montant est encore sans commune mesure avec les pratiques de rémunération des États-Unis, par exemple. 

Un focus plus important devrait aussi être mis sur la mixité, d’autant plus qu’une moindre représentation des femmes au sein de la gouvernance des fonds a souvent un impact négatif auprès des proxys.

Les dérogations de distribution pour les fonds commercialisés dans différents pays, ainsi que les impacts des réglementations AML/CTF (lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme) font aussi partie des sujets susceptibles d’être abordés dans la prochaine édition.»

Consulter l’étude