Mevlüde-Aysun Tokbag (Partner chez Wildgen)

«Une femme avec une bonne éducation peut tout réussir»

18 Octobre 2017 Interview par Camille Frati
Mevlüde-Aysun Tokbag
Mevlüde-Aysun Tokbag, partner chez Wildgen, croit en le triptyque «learning/leveraging/leading» pour hisser davantage de femmes vers des postes de direction. (Photo: Wildgen4Women)

L’étude Wildgen inaugurait mardi sa 3e initiative en faveur de la diversité. Dans le viseur: les femmes et leur accession à des postes de direction. Mevlüde-Aysun Tokbag, equity partner de Wildgen depuis trois ans, a pris les rênes de l’initiative «Wildgen 4 Women».

Madame Tokbag, comment est née l’idée de «Wildgen 4 Women»?

«Notre entreprise est très impliquée dans la responsabilité sociale (avec les initiatives ‘Wildgen 4 Children’ et ‘Wildgen 4 Diversity’, ndlr) et a signé la charte de la diversité en 2013. Mais j’ai toujours pensé qu’il manquait quelque chose qui soit lié à l’égalité hommes/femmes et à l’accession des femmes à des postes de direction. Nous avons creusé pour savoir quelles possibilités s’ouvraient à nous. Nous avions besoin de temps pour chercher des partenaires avec lesquels travailler et pour offrir le meilleur soutien possible aux femmes. Après trois ans d’efforts collectifs, nous lançons ‘Wildgen 4 Women’.

Que propose cette initiative?

«Nos partenaires nous permettent de couvrir ces trois aspects. L’Adem aide les femmes talentueuses à booster leur carrière. L’Asian University for Women, située au Bangladesh, permet à plusieurs étudiantes d’aller à l’université gratuitement. L’idée derrière est de créer une association ou une fondation correspondante au Luxembourg, et aussi de proposer des stages au Luxembourg à ces étudiantes. Enfin, Fondsfrauen, une initiative allemande qui soutient les femmes dans l’industrie des fonds, se concentre sur l’effet levier, le mentoring et le réseautage.

Nous sommes cinq associées chez Wildgen, et nous jouerons notre rôle en prévoyant des événements de réseautage exclusivement féminins, selon notre expertise, nos forces et nos possibilités.

Le champ d’action est donc plutôt large…

«Nous nous concentrons sur trois éléments: l’éducation et la formation, l’effet levier et le mentoring, et enfin le statut de leader. L’objectif est d’amener les femmes à atteindre des postes de leader parce que pour nous, il s’agit d’un cercle: une femme leader est en position pour aider d’autres femmes à y accéder.

Et nous envoyons aussi le signal que notre soutien n’est pas restreint au Luxembourg, il va au-delà des frontières. Nous ne nous limitons pas non plus au monde du droit. Avec l’Adem, nous prévoyons de couvrir également le marketing, les RH, l’IT, ou encore la finance. Wildgen pourra ainsi accueillir une stagiaire dans son service marketing.

Il existe déjà beaucoup d’initiatives en faveur des femmes au Luxembourg. Je trouve personnellement que c’est une bonne chose, puisque plus les initiatives sont nombreuses, plus les femmes sont aidées. Nous avons déjà discuté avec d’autres entreprises, des associations, la plateforme ‘Équilibre’, et aussi le ministère de l’Égalité des chances.

Sur quoi faut-il agir en priorité selon vous pour doper la carrière des femmes?

«L’éducation. Si une femme a une bonne éducation, elle peut tout réussir. Je crois sincèrement que le changement doit intervenir au niveau de l’éducation. La base doit être garantie pour qu’ensuite, l’effet de levier puisse agir.

La conciliation vie professionnelle/vie privée n’est-elle pas aussi au cœur du parcours des femmes vers des postes de direction?

«Je dois dire que je suis au Luxembourg depuis longtemps. Je suis venue pour la première fois en 2005. J’ai beaucoup fréquenté des événements de networking. Vous y voyez fréquemment des femmes, mais les hommes restent majoritaires. Et les femmes sont plus silencieuses. Nous devrions changer cela, et c’est pour cette raison que nous organisons des événements réservés aux femmes, pour leur donner de meilleures chances de s’exprimer. Nous leur offrons une plateforme.

Il faut changer les mentalités, mais je dirais que l’enjeu se présente différemment au Luxembourg. J’ai lu dans une étude européenne que les femmes au Luxembourg travaillent en moyenne 4h de plus que dans d’autres pays. Et beaucoup de résidents sont étrangers et n’ont donc pas de famille sur place pour leur donner un coup de main.»

Cliquez ici pour accéder au programme d’événements de networking pour l’année 2017-2018.