David Arendt (Managing director, Luxembourg Freeport)

«Un chantier dans les délais et dans les budgets»

17 Décembre 2013 Interview par Jean-Michel Gaudron
David Arendt espère bien que le Freeport affichera complet lors de son ouverture
David Arendt espère bien que le Freeport affichera complet lors de son ouverture, en septembre 2014. (Photo: archives paperJam)

Ce mardi se déroule la fête du bouquet sur le chantier du Freeport. Dans moins d’un an, le site devrait être entièrement opérationnel. Tour d’horizon avec son directeur général.

Monsieur Arendt, comment avance le chantier du futur port franc luxembourgeois, un peu plus d’un an après le premier coup de pelle?

Nous célébrons en quelque sorte, ce mardi, la fête du bouquet, même s’il reste encore le toit à couler pour le ‘lobby’ qui est la partie du bâtiment qui est la plus spectaculaire. Elle aura une forme ressemblant un peu à une queue d’avion et abritera un bas-relief monumental de l’artiste portugais Vhils, qui mesure 26 m de long sur 20 m de haut.

Nous avons également commencé l’installation de tout le volet technique, qui constitue un très gros morceau. Nous installons tout ce qu’il y a de meilleur en matière de détection et de détection d’incendie et d’intrusion, mais aussi les plateformes de déchargement des marchandises.

Nous sommes pour l’heure très satisfaits, car le chantier se déroule, pour l’heure, dans les délais et dans les budgets. Il n’y a pas de raison pour que cela ne continue pas ainsi jusqu’à la livraison prévue en septembre.

Et en coulisses? Le développement de la société vous satisfait-il également?

«Nous avons énormément fait de promotion, que ce soit dans les foires internationales d’art (Maastricht, Hong Kong, Bâle, Miami, Moscou…) ou auprès des ambassades luxembourgeoises en Europe. Je dois d’ailleurs dire que nous avons reçu un excellent soutien de la part des services diplomatiques.

Ces efforts de promotion ont surtout été dirigés vers les clients de nos clients. Nous avons un business model résolument B2B, dans lequel nos clients sont des transitaires spécialisés (sociétés de transport, de manutention, ou d’entreposage d’œuvres d’art et d’autres valeurs) et des professionnels de l’art (conseillers, courtiers, laboratoires scientifiques, artisans menuisiers ou spécialisés dans la restauration des œuvres d’art).

Nous avons également ciblé cette promotion vers les acteurs de la place financière, notamment les banques privées, pour lesquelles nous constituons un service formidable à l’attention de leurs clients très fortunés qui possèdent souvent des collections d’objets d’art. Cela peut permettre à ces banques de bien se positionner vis-à-vis d’eux.

Pour l’heure, nous avons des réservations couvrant environ 60% des 20.000 mètres carrés disponibles. Il y a notamment des acteurs déjà présents au Luxembourg, mais aussi un américain et un allemand qui ne le sont pas encore. Nous avons également deux opérateurs télécoms qui installeront des data room pour entreposer des œuvres d’art digitales et des archives.

Quant au financement, nous avons bouclé le budget qui est de l’ordre de 55 millions d’euros, avec un mix entre fonds propres et investisseurs privés. Nous avons notamment bénéficié très rapidement du soutien d’un pool de quatre banques luxembourgeoises : BIL, BCEE, Banque de Luxembourg et Raiffeisen.

Et maintenant? D’ici à l’ouverture en septembre, que va-t-il se passer?

«Mon objectif est de combler les 40% de réservation restants et de faire en sorte que le site soit complet au moment de son ouverture. Je vais donc poursuivre les missions de prospection et de promotion. Nous disposons d’un second terrain qui pourrait permettre une extension à moyen terme si besoin.

Nous allons également commencer les opérations de recrutement. Nous recherchons notamment un facility manager qui s’occupera de la gestion de l’immeuble et des équipes et un chef de la sécurité qui gèrera notamment le contrat de sous-traitance avec la société de gardiennage. Nous venons d’ailleurs de publier l’appel d’offres pour choisir cette société et cela devrait être sera clôturé pour le printemps. Cela laissera alors six mois à ce prestataire pour recruter ses propres équipes et se familiariser avec le site.

Nous allons également aider directement nos différents clients à recruter leurs propres personnels. Nous recevons beaucoup de CV et nous allons faciliter la prise de contact avec ces clients.»