Martin Guérin (CEO de Nyuko)

«Un bâtiment totem pour l’entrepreneuriat»

11 Juillet 2017 Interview par Jonas Mercier
Martin Guérin
«Nous souhaitons proposer aux entreprises luxembourgeoises déjà établies de profiter de ce nouvel espace en créant en son sein, avec notre support, leurs propres incubateurs sectoriels avec leurs propres start-up», explique Martin Guérin. (Photos: Arnaud de Villenfagne)

Moins d’une semaine après la présentation de la House of Start-Ups, qui ouvrira ses portes début 2018 pour accueillir Nyuko, l’incubateur de la Ville de Luxembourg et la Luxembourg House of Financial Technology (Lhoft), le CEO de Nyuko revient sur le rôle qu’il jouera dans ce lieu qui se veut l’emblème luxembourgeois de l’entrepreneuriat.

Monsieur Guérin, concrètement, comment Nyuko va-t-il s’intégrer dans la future House of Start-Ups?

«La House of Start-Ups hébergera trois structures: Nyuko, le Luxembourg City Incubator et la Lhoft. Mais nous avons également été mandatés par la Ville pour gérer l’espace et l’accompagnement des start-up au sein du Luxembourg City Incubator. En d’autres termes, l’incubateur de la Ville sera ‘powered’ by Nyuko.

Il y a déjà plusieurs mois que nous travaillons avec la Ville de Luxembourg sur ce projet. Nous attendions juste de trouver des locaux. La House of Start-Ups comptera également un espace de coworking et de restauration, ainsi que des salles réservées aux événements.

Ces endroits seront accessibles à tous, y compris aux entreprises non hébergées. Ainsi, Nyuko va multiplier par cinq la surface actuelle de ses locaux de la rue de Hollerich et hébergera des start-up en son sein dès 2018. Nous avons d’ailleurs prévu l’embauche d’une à trois personnes supplémentaires dans les mois à venir.

Quelles sont vos ambitions dans ce nouvel espace, avec ces nouvelles responsabilités?

«Nous allons bien sûr continuer à 100% nos activités actuelles, mais en proposant en plus des services d’incubation incluant l’hébergement dans les premières phases de croissance. Nous faisons déjà de l’accélération de start-up, mais plutôt en ‘early stage’, en aidant le porteur de projet à passer de l’idée au premier client, c’est-à-dire avant que la start-up ne soit solvable. Nous l’aidons à développer son business plan et à trouver des investisseurs et des clients.

Désormais, nous pourrons continuer à l’accompagner après ces premières étapes en lui proposant des bureaux et un accompagnement dédié aux phases de croissance forte et d’internationalisation. Nous souhaitons également proposer aux entreprises luxembourgeoises déjà établies de profiter de ce nouvel espace en créant en son sein, avec notre support, leurs propres incubateurs sectoriels avec leurs propres start-up.

Justement, vous avez des centaines de dossiers de start-up à analyser. Quels secteurs visez-vous en priorité?

«La seule condition pour entrer dans le Luxembourg City Incubator sera de développer une activité innovante et qui présente un fort potentiel de croissance. Pour le reste, nous sommes ouverts à toutes les idées. Nous avons, par exemple, reçu le dossier d’une start-up qui souhaite produire une montre très haute de gamme. Le Luxembourg n’est pas connu pour son horlogerie de luxe, mais pourquoi ne pas lui donner sa chance?

Le grand objectif de la House of Start-Ups est de devenir un lieu emblématique de l’entrepreneuriat en Europe, d’en être le bâtiment totem.

On y trouvera à la fois la Lhoft, qui va plutôt attirer des start-up étrangères dans le secteur financier, notamment dans le contexte du Brexit, et le Luxembourg City Incubator, qui sera ouvert plus largement aux jeunes pousses du monde entier. Car tous ces efforts sont faits pour transformer le Luxembourg en plaque tournante européenne pour les entrepreneurs.»