Jean-Pierre Lutgen (Ice-Watch)

«Si ce n’est pas Bastogne, ce sera le Grand-Duché»

19 Octobre 2018 Interview par Nicolas Léonard
Jean-Pierre Lutgen: «Un dossier comme celui d’un déménagement d’Ice-Watch ne peut se régler en quelques semaines.» (Photo: Ice-Watch)

La marque horlogère Ice-Watch pourrait quitter Bastogne pour installer ses bureaux au Grand-Duché, où se trouve déjà, à Rombach-Martelange, le siège de Ice IP. Cette société de Jean-Pierre Lutgen gère une série de marques dont le dénominateur commun est le mot «Ice». 

Il a beaucoup été question ces derniers temps d’un départ d’Ice-Watch de Bastogne pour le Grand-Duché. Êtes-vous réellement occupé à réfléchir à cette possibilité?

«Il y a une réflexion en cours. Mais cela fait longtemps qu’elle est engagée, et se réactive un peu à chaque fois que l’on nous fait des ennuis au niveau local. On n’en a plus parlé, car la campagne électorale était en cours en Belgique (Jean-Pierre Lutgen était candidat bourgmestre face à son frère Benoît, président du CDH, qui l’a emporté, ndlr).

Le nœud du problème, ce sont les bâtiments que nous avons au centre de Bastogne. J’ai dû démonter mon parking et cela a défiguré notre siège. Ce qui ne m’amuse pas du tout et nuit à l’image de ma société. Ma priorité est de trouver une solution au problème qui se pose et de pouvoir rester à Bastogne. On y travaille pour le moment.   

Quitter votre ville de Bastogne, même pour aller seulement quelques kilomètres plus loin, cela ne vous ferait pas mal au cœur?

«Si, bien entendu. Mais je suis aussi quelqu’un de pragmatique. Si on ne parvient pas à trouver de solution, on s’en ira au Grand-Duché.

Vous êtes-vous fixé une deadline?

«Il y a des élections régionales en mai, ce qui pourrait faire évoluer certaines choses, notamment si le CDH (parti dont son frère Benoît est le président, ndlr) n’est plus au pouvoir. Ce qui est certain, c’est qu’un tel déménagement, s’il a lieu, ne peut se faire en quelques semaines. Aller vite dans le cadre d’un dossier pareil, cela n’est pas possible. Et parmi les salariés de la société, si certains aimeraient travailler côté grand-ducal, d’autres craignent de faire des kilomètres en plus.»