Claude Meisch (Ministre de l’Éducation nationale)

«Réorienter l’usage des langues dans l’enseignement»

06 Décembre 2013 Interview par Thierry Raizer
Claude Meisch se félicite d’un regroupement en un seul «super» ministère des aff
Claude Meisch se félicite d’un regroupement en un seul «super» ministère des affaires éducatives. (Photo: archives paperJam)

Le nouveau ministre DP en charge des matières éducatives (Éducation nationale, Enfance et Jeunesse, Enseignement supérieur et Recherche) parle de ses premières priorités. Il sera épaulé par André Bauler, secrétaire d’État.

Monsieur Meisch, quelles sont vos premières priorités en tant que ministre de l’enseignement?

«Fondamentalement, je pense que les enseignants vont continuer à effectuer de la même manière leur profession et donc qu’il ne faut pas s’attendre à des révolutions. Il y aura certainement des changements et des réformes à entamer mais de manière ciblée.

Nous voulons travailler en discussion avec les partenaires, les enseignants, les parents et les élèves eux-mêmes pour convaincre les parties prenantes qu’il faut parfois oser changer. J’espère que nous n’assisterons pas à une guerre des méthodes et des pédagogies, car plusieurs pédagogies sont valables, une méthode adéquate pour un enfant peut ne pas convenir à un autre. Il faut donc également plus d’autonomie pour les écoles, plus de flexibilité dans le système. La politique a la responsabilité de déterminer un cadre clair et précis notamment en matière budgétaire, d’objectifs généraux ou d’effectifs mais pour le reste il faut aussi permettre une certaine flexibilité aux acteurs de terrain dans les méthodes employées.

Qu’en est-il, selon vous, du besoin d’aligner certains cursus sur les besoins de l’économie?

«Je crois que la mission de l’éducation est de transmettre aux jeunes les capacités qui sont demandées par le marché du travail. Je pense à ce sujet que l’initiative de regrouper dans un seul département que je coordonne avec M. Bauler l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche est judicieuse car notre marché du travail a besoin d’une main-d’œuvre hautement qualifiée, surtout des nouveaux universitaires, qui trop souvent n’est pas disponible sur le marché de l’emploi luxembourgeois, d’où le besoin d’aller les chercher à l’étranger. Diriger plus de jeunes vers l’université peut aussi permettre de lutter contre le chômage.

Faudra-t-il adapter les filières quant aux langues véhiculées dans l’enseignement?

«Il faut réorienter l’usage des langues dans l’enseignement car il découle d’un rôle historique qui ne s’est pas vraiment adapté à la réalité vécue actuellement. De nos jours plusieurs langues sont utilisées parallèlement. Le Luxembourg présente donc plusieurs réalités linguistiques. Il faut bien entendu prôner le multilinguisme mais il faut aussi accepter que certains élèves ne maîtrisent pas parfaitement trois langues et présentent tout de même des compétences dans une seule langue. Il faut éviter que ces élèves soient confrontés à l’échec scolaire pour des raisons de faiblesses éventuelles linguistiques.»