Paul Delaunois (Directeur général, MSF)

«Rendre le geste de solidarité normal»

16 Décembre 2013 Interview par France Clarinval
Paul Delaunois: «Les MSF Days auront permis de récolter environ 30.000 euros.»
Paul Delaunois: «Les MSF Days auront permis de récolter environ 30.000 euros.» (Photo: archives paperJam)

Ce dimanche viennent de se clôturer les 15 jours de MSF Days, autrement dit, la deuxième édition de journées du don pour l’ONG Médecins sans frontières. Bilan avec son directeur général.

Monsieur Delaunois, quels étaient les buts de ces MSF Days?

«L’idée est de donner de la visibilité au don et de rendre ce geste de solidarité normal et quotidien. Pour cette deuxième édition, nous avons décidé d’aller plus loin que l’année passée: plus de partenaires, plus de lieux, des lieux plus diversifiés… C’est ainsi que nous avons été présents avec nos pansements auprès de 300 partenaires: des pharmacies, des restaurants, des boutiques de Luxembourg et d’Esch, des maisons de soins, des kiosques à journaux…

L’idée est de toucher des publics différents qui vivent des quotidiens différents. MSF est une ONG qui tient à cette indépendance qui lui permet d’être sur le terrain de l’action humanitaire sans attendre le feu vert de qui que ce soit. Cette indépendance a un coût: celui de ne vivre que des dons. Aussi, focaliser l’attention du grand public sur cette attitude nous tient à cœur.

Pour cette deuxième édition, vous avez fait appel à des ambassadeurs. Qui sont-ils et comment les avez-vous choisis?

«Nous avons demandé à des personnalités du Luxembourg d’offrir leur notoriété et leur visibilité pour accentuer notre message. Nous avons cherché des personnes dans des domaines différents, avec des réseaux différents, qui soient indépendants et, bien sûr connus. Ils ont tous donné leur accord tout de suite: Fernand Fox, Mindy Minella, Myriam Muller, David Goldrake, Thierry Mersch et le Dr. Guy Berchem.

Quel bilan pouvez-vous dresser de cette campagne?

«On constate que les partenaires se sont montrés motivés et enthousiastes et qu’ils ont eu de bons échos de la campagne. C’est trop tôt pour évoquer des chiffres précis, mais je pense qu’on va atteindre les 30.000 euros récoltés. Cet argent ira aux actions d’urgence aux Philippines où nous sommes intervenus au lendemain de la catastrophe. Il est important de préciser que la moitié de nos activités concerne des missions de moyen et long terme comme c’est le cas en Afghanistan.

Pour le reste, cela se divise en crises d’urgence, comme aux Philippines ou en Centrafrique et dans la suite de ces crises, comme en Haïti. Une catastrophe naturelle et ses conséquences déclenchent une vague d’émotion, et de don. Il est important que les donateurs comprennent bien ce que l’on fait avec leur argent et comment ils peuvent ensuite nous aider à long terme.»