Marc Hengen (Administrateur délégué de l'ACA)

«Nous sommes prêts à digérer les changements»

02 Décembre 2013 Interview par Frédéric Antzorn
Marc Hengen: «Le statut de PSA est très important pour nous».
Marc Hengen: «Le statut de PSA est très important pour nous». (Photo: DR)

Ce jeudi 5 décembre aura lieu la Journée de l’assurance, 15e du nom, organisée par l’Association des compagnies d’assurance (ACA). Présentation des enjeux de cette manifestation et évocation de l’avenir du secteur avec Marc Hengen, président du comité de direction de l’ACA.

Monsieur Hengen, vous organisez jeudi votre traditionnelle Journée de l’assurance. En quoi ce rendez-vous est-il incontournable pour votre secteur et sur quel thème l’accent va-t-il être mis cette année?

«C’est la quinzième fois que nous organisons cette journée à Luxembourg. Mais nous avons décidé de faire peau neuve cette année en rebaptisant cette manifestation de ‘Journée de l’assurance’ en ‘ACA Insurance day’.

En dehors du traditionnel Keynote Speach, du discours de notre président et de l’intervention du ministre des Finances – notre ministre de tutelle –, nous avons décidé d’ajouter au programme de cette journée, au cours de l’après-midi, une série de panels et de workshops qui seront consacrés au thème de la commercialisation des contrats d’assurance vie en libre prestation de service à partir de Luxembourg.

C’est un pan d’affaires très important pour le secteur de l’assurance luxembourgeois, représentant plus de 80% du chiffre d’affaires de nos activités. Cette année, ces panels seront consacrés aux défis face auxquels la place financière luxembourgeoise – et le secteur des assurances – se trouve ou va se trouver confrontée ainsi que des expériences qu’ont les clients et les distributeurs des contrats d’assurance vie luxembourgeois.

C’est un choix qui a été fait parmi d’autres dossiers qui nous occupent pour l’instant comme la transparence fiscale et l’annonce cette année de l’échange automatique d’informations, même si à ce stade l’échange ne concerne pas encore le secteur des assurances. Je pourrais également vous citer le projet européen de distribution – vers plus de transparence – des contrats d’assurance ; la refonte de la directive sur l’intermédiation d’assurance et puis bien sûr la directive sur la solvabilité des entreprises d’assurance et de réassurance qui va entrer en vigueur en 2016 et à laquelle nous nous préparons déjà.

Qu’en est-il de l’importance que vous accordez, ou pas, au statut de professionnel du secteur des assurances (PSA)?

«Ce statut est important parce qu’il ouvre la sous-traitance dans le domaine des assurances, avec des sous-traitants qui seront soumis au même respect des lois du secteur d’assurance. La directive Solvabilité II sous-entend aussi des obligations de reporting largement renforcées et donc beaucoup plus chères que jusque-là. L’idée était donc de pouvoir mutualiser certains frais en recourant à la sous-traitance de certaines fonctions et de certaines obligations.

Il faut savoir que nos entreprises luxembourgeoises, au niveau européen, sont des entreprises de petite taille – la plus importante occupant 500 employés à peine – et le poids du reporting ou des obligations supplémentaire est lourd à digérer par des structures comme les nôtres. J’ajouterai que la loi PSA ouvre de nouvelles activités ici à Luxembourg, dont notamment la gestion d’entreprises ou de portefeuilles d’assurance qui ne sont plus commercialisés, appelés en run-off.

Les contrats conclus en portefeuilles restent en vigueur mais vont nécessiter une gestion jusqu’à leur expiration, et cette partie là va pouvoir être maintenant exploitée à Luxembourg, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Quel est selon vous l’avenir à moyen terme du secteur des assurances?

«Je ne me fais pas de souci sur l’avenir de notre secteur d’activités, même s’il est confronté – notamment dans des marchés européens – à d’importants changements. Mais je ne doute pas de notre capacité à pouvoir ‘digérer’ ces nouvelles données. Le contrat d’assurance et a fortiori le contrat d’assurance vie est et restera un outil de prévoyance et de gestion patrimoniale dans l’ensemble des pays européens.

Pour le reste, à un niveau local, nous avons présenté certaines de nos idées au futur gouvernement. Nous lui avons demandé de s’afficher clairement – et également vers l’extérieur – en soutien du secteur financier luxembourgeois. Car celui-ci apporte plus d’un tiers des recettes du budget de l’Etat. L’expertise qui a été construite ici à Luxembourg en a fait une place financière diversifiée et reconnue qu’il convient de maintenir à ce niveau, malgré les ‘attaques’.

C’est pourquoi nous avons plaidé pour la création d’un ministère de la Place financière qui serait chargé de l’ensemble des dossiers qui la concernent, des changements législatifs nécessaires et de la promotion de cette place financière au niveau européen, voire mondial.»