Guylaine Hanus (Chargée de projet BusinessMentoring Luxembourg)

«Notre manière de travailler a fait ses preuves»

28 Novembre 2013 Interview par Frédéric Antzorn
Guylaine Hanus: «La base du business mentoring, c'est la transmission des savoir
Guylaine Hanus: «La base du business mentoring, c'est la transmission des savoirs entrepreneuriaux» (Photo: DR)

La Chambre de commerce prêtera son cadre ce soir au lancement de la quatrième promotion du BusinessMentoring Luxembourg. Présentation, bilan et perspectives avec Guylaine Hanus, en charge de ce programme.

Madame Hanus, en quoi consiste le business mentoring? Qu’apporte-t-il de différent par rapport à d’autres modes d’accompagnement qui peuvent être proposés aux entreprises?

«Le business mentoring – ou mentorat d’affaires – tel que présenté au Luxembourg, est un concept qui a été importé du Canada. Il vise la mise en relation de chefs d’entreprise expérimentés avec d’autres chefs d’entreprise ayant pour ambition de renforcer leurs compétences managériales, de prendre du recul et de réfléchir à une stratégie pour leur entreprise. Le mentorat est donc une forme d’accompagnement professionnel parmi d’autres (consulting, coaching, tutorat, etc.), mais la différence majeure réside dans son caractère bénévole et volontaire: il n’est donc pas dispensé avec un objectif pécunière. Il a pour base une idée de transmission des savoirs.

Le mentorat constitue l'une des plus anciennes formes d'influence puisqu'il remonte à la Grèce antique lorsqu'Ulysse a demandé à son ami Mentor de veiller sur son fils Télémaque pendant qu'il serait parti faire la guerre à Troie.

Appliquée au monde des affaires, l’idée est la même, mais avec un focus plus important sur la transmission des savoirs entrepreneuriaux. Le but est de faire progresser l’entrepreneur pour qu’il développe un savoir-être et des comportements entrepreneuriaux qui vont l’aider à devenir un bon chef d’entreprise. C’est en quelque sorte une formation continue, axée sur le partage d’expériences et le développement de l’individu.

Quel bilan pouvez-vous tirer de votre action à l’aube du lancement de votre quatrième promotion ?

«Nous disposons aujourd’hui d’un échantillon beaucoup plus important d’entrepreneurs avec des résultats que l’on peut mesurer, un impact que l’on peut évaluer.

A ce jour nous avons accompagné 40 chefs d’entreprises – les mentorés – qui ont été suivis bénévolement par un pool de 35 mentors.

Le retour est très positif. Il faut savoir que nous avons une méthodologie très structurée, certifiée ISO9001, avec des processus de suivi, de mise en relation, d’évaluation. L’interaction entre les chefs d’entreprises et notre équipe coordinatrice est très importante. Nous essayons d‘obtenir un maximum de feedback de leur part: jusqu’ici, cela nous a permis d’observer que les mentors sont très engagés, très satisfaits puisqu’ils apprennent beaucoup au contact de ceux qu’ils accompagnent. Ce programme leur permet de mettre en valeur leurs acquis de terrain, de capitaliser sur leur grande expérience.

Du côté des dirigeants accompagnés, on a pu observer que 95% des entreprises dirigées par les anciens mentorés sont toujours en activité, un résultat encourageant puisque la plupart sont des startups ou des entreprises en pleine transition, qui ont besoin de passer un palier de croissance. En moyenne, leur chiffre d’affaires a augmenté de 29% et on peut noter aussi que 60% des chefs d’entreprise mentorés ont créé par la suite, toujours en moyenne, trois postes au sein de leur société. On a aussi pu mesurer dans 90% des cas une augmentation significative des compétences managériales et de certaines habiletés entrepreneuriales chez le dirigeant, notamment en matière de prise de décisions stratégiques et de prise de recul. L’idée étant de se remettre en question et de prendre de la hauteur.

Des nouveautés pour cette quatrième promotion ?

«Oui. Depuis l’année dernière nous avons établi un partenariat avec la Fondation Tremplin, avec l’idée d’ouvrir le programme à des entreprises à impact social qui – à la différence d’autres structures plus classiques – vont réinvestir leur argent d’une manière différente, avec une volonté et une éthique particulière derrière. Cette année, nous présenterons d’ailleurs deux chefs d’entreprises issus du parcours 1,2,3 GO social.

Au niveau du programme en lui même, nous avons, au fil des ans, affiné notre méthodologie, autour de laquelle est née une véritable communauté entrepreneuriale. Les chefs d’entreprise nous apportent beaucoup d’idées que nous nous efforçons de mettre ensuite en pratique. Aujourd’hui, nous pouvons dire que cette approche a fait ses preuves. Notre objectif est donc de continuer à promouvoir le mentorat pour qu’il s’ancre durablement dans la culture entrepreneuriale luxembourgeoise.»