Sasha Baillie (chef de cabinet adjoint, ministère de l’Économie)

«Nos entreprises qui peuvent intéresser Airbus»

21 Mars 2018 Interview par Jean-Michel Hennebert
Sasha Baillie, ministère de l'Economie.
Les entreprises luxembourgeoises seront positionnées comme partenaires potentiels d’Airbus, précise Sasha Baillie. (Photo: Julien Becker / archives )

Le dernier jour de la visite d’État en France du Grand-Duc et des membres du gouvernement luxembourgeois se déroule à Toulouse où des partenariats seront signés avec Airbus. Sasha Baillie, qui fait partie de la délégation luxembourgeoise, évoque les enjeux de cette visite.

Madame Baillie, après deux jours à Paris, la visite d’État se clôture ce mercredi avec une visite à Toulouse, ville notamment du Centre national d’études spatiales et d’Airbus. Cette visite concernera-t-elle uniquement le secteur spatial ou les débouchés sont-ils plus vastes?

«Ce sera bien plus vaste que le seul secteur spatial. Dans le cadre des relations que nous avons développées avec Airbus, notamment dans le domaine de la Défense, nous avons identifié bon nombre d’opportunités pour les entreprises luxembourgeoises pour leurs relations avec le consortium européen.

En d’autres termes, nous allons nous concentrer sur les possibilités de développer les activités de sous-traitants, mais aussi celles liées à la recherche et à l’innovation. Car ces dernières années, grâce à nos relations dans la Défense, nous avons identifié toute une série de compétences de nos entreprises qui peuvent intéresser Airbus.

À quels domaines faites-vous référence précisément?

«À beaucoup de domaines, en réalité, que ce soit celui des matériaux de haute technologie, des technologies de l’information et de la communication ou bien encore des capacités de transport. Bon nombre de compétences de nos entreprises sont donc intéressantes pour Airbus et les différentes chaînes présentes au sein du consortium. Que ce soit pour la Défense, le secteur spatial ou la cybersécurité, notamment. Dans tous les cas, il faut bien avoir en tête que nos échanges traduisent la volonté de rendre Airbus attentif aux compétences et capacités des entreprises luxembourgeoises, afin de les positionner le cas échéant comme partenaires potentiels d’Airbus.

Vous avez cité tout à l’heure les aspects de la Défense ou de la cybersécurité. Cela signifie-t-il que des accords concrets seront signés ce mercredi?

«Tout à fait. Nous sommes en train de finaliser des opportunités de collaboration dans plusieurs domaines, que ce soit dans les technologies de l’espace ou la cybersécurité. Et de manière plus générale, dans le secteur de l’industrie manufacturière. Un partenariat est notamment envisagé entre Airbus et le C3, le centre national de compétences en cybersécurité, en ce qui concerne la formation ou les possibilités de tests d’applications numériques.

Une coopération est aussi examinée entre Luxtrust et Airbus au niveau de la protection de l’identité digitale et des données électroniques. Nos interlocuteurs sont intéressés d’approfondir la collaboration qui prendra la forme d’un accord-cadre, structuré et continu, entre Airbus et les différentes composantes de l’industrie au Luxembourg, via le ministère de l’Économie. Avec toujours en toile de fond l’idée de répondre à nos besoins communs.»