Bruno Renders (Directeur du CDEC)

«Luxembourg est déjà une ville 'smart'»

05 Décembre 2013 Interview par Frédéric Antzorn
Bruno Renders: «Il y a aujourd’hui une grosse effervescence autour de la thémati
Bruno Renders: «Il y a aujourd’hui une grosse effervescence autour de la thématique des Smart Cities».  (Photo: DR)

Le Conseil pour le développement économique de la construction (CDEC) lance cet après-midi, à la Philharmonie, le projet Living City 2013, visant un développement durable poussé des villes de taille moyenne et de leurs quartiers. Explication du concept avec Bruno Renders, directeur du CEDC.

Monsieur Renders, qu’est-ce que ce projet intitulé «Living City 2013». Qu’est-ce qui se cache derrière cette appellation un peu étrange?

«Living City fait partie de la thématique des Smart Cities, occupée aujourd’hui à prendre ses lettres de noblesse, comme en témoigne l’intérêt qu’elle suscite auprès de l’Union européenne. Le projet Living City 2013 qui se tient cet après-midi a pour but de démarrer une série de conférences, de séminaires et de formations sur le thème des Smart Cities et de faire un peu le point ce que qui relève de ce terme – je vous l’accorde – un peu barbare. Smart Cities englobe plusieurs grands concepts parmi lesquels on retrouve par exemple la thématique des Smart Grids qui traitent de l’énergie et qui, par un système de grilles intelligentes, permettent d’utiliser au mieux toutes les sources de production d’énergie pour qu’elles soient utilisées dans le meilleur cas de figure possible, dans les meilleures conditions possibles, dans le meilleur timing possible et avec la meilleure fréquence possible pour aller du producteur au consommateur.

Vient se greffer là-dessus le concept de la Smart Mobility, soit le même principe appliqué à la mobilité durable et intelligente. Au Luxembourg, on voit des lotissements qui poussent un peu partout ou qui existent déjà. Prenez-en un qui compte une centaine de maison: aujourd’hui la logique est que chacun dans ce lotissement prend sa voiture pour aller travailler, moins ceux qui empruntent les transports en commun. N’y a-t-il pas moyen avec les réseaux sociaux, les véhicules électriques ou le partage d’Internet d’avoir une vision collaborative de la mobilité, de pouvoir transformer ça, et que les gens fassent du car-sharing ou du car-pulling? Si l’on passe d’une personne à quatre par voiture, on n’a plus 100.000 véhicules sur la route, mais 25.000. Cela fait une sacrée différence en termes de consommation d’énergie, de gaz à effet de serre, etc..

Le troisième thème enfin est le Smart Building. Il s’agit là de voir comment le bâtiment peut s’intégrer dans cette logique de Samrt Grids puisqu’il devient lui-même intelligent et devient lui-même producteur d’énergie. C’est à la fois un bâtiment durable sur le plan énergétique – qui produit de l’énergie mais qui en consomme peu –, un bâtiment qui devient connecté et un bâtiment , du moins dans le neuf, qu’on ne pourra plus voir d’une manière isolée mais comme un élément faisant partie d’un puzzle.

Il y a donc aujourd’hui une grosse effervescence autour de cette thématique des Smart Cities et la ville de Luxembourg en particulier et le Grand-Duché en général disposent déjà de certaines choses qui ont été mises en œuvre. J’en veux pour preuve les bâtiments neufs qui devront être passifs à partir de 2017 ou la Ville de Luxembourg qui dispose déjà d’un réseau wifi. Ce sont des choses qui n’existent pas nécessairement ailleurs et qui présentent déjà des avantages.

Notre conférence a pour but de faire le point sur ces Smart Cities, de voir comment elles se structurent, comment on doit les comprendre, faire le point sur ce qui existe au Luxembourg et comment faire de cette thématique un levier de développement pour pouvoir mieux se positionner au niveau européen et démontrer que nous disposons, au niveau de la ville de Luxembourg en tout cas, d’une certaine avance par rapport à d’autres villes de taille moyenne en Europe sur cet aspect ‘Smart’ avec son savoir-faire et son expertise.

En somme, ce concept ‘smart’ comme vous l’appelez, c’est du développement durable appliqué à la ville…

«Effectivement, c’est du développement durable appliqué à la ville mais avec des couches supplémentaires comme la connectivité ou encore la mobilité durable. On peut bien construire partout des quartiers avec des maisons passives, mais si toutes les routes sont bouchonnées parce qu’on n’a pas accompagné ça de mobilité durable, cela n’a pas beaucoup de sens. C’est l’interopérabilité – un mot qui revient très souvent dans le vocabulaire Smart Cities – qu’on doit mettre entre ces différentes composantes que son l’énergie, le bâtiment et la mobilité.

Qui sont les intervenants et autres experts que vous avez invités aujourd’hui? Et à qui s’adresse ce rendez-vous?

«La manifestation s’adresse à tous ceux qui de près ou de loin, directement ou indirectement, sont concernés par la thématique des Smart Cities. Cela va du décideur politique au responsable de l’aménagement du territoire dans une commune ou dans un ministère, en passant par les concepteurs de bâtiments, achitectes, ingénieurs, les gens de la construction, ceux de la mobilité et le grand public. Nos intervenants sont à la fois des intervenants luxembourgeois qui feront le point sur ce qui se passe ici et présenteront les projets-phares dans ce domaine, et des intervenants – pour ne pas dire des experts – internationaux. Dont notamment certains venus de Nice, où la mise en application de la Smart City est déjà bien avancé.»