Jacques Ruckert (Telindus)

«Le taux de migration vers le cloud est encore faible»

08 Novembre 2018 Interview par Jonas Mercier
Jacques Ruckert, directeur du service Solutions & Innovation chez Telindus
«Le statut des PSF de support, qui est unique en Europe, peut jouer un rôle de catalyseur dans l’adoption du cloud», selon Jacques Ruckert, directeur du service Solutions & Innovation chez Telindus. (Photo: Telindus)

À l’occasion de l’événement Cloud & Regulation, qui se tient à la Lhoft ce jeudi après-midi, le directeur du service Solutions & Innovation de Telindus, Jacques Ruckert, revient sur les enjeux de l’adoption de cette technologie dans le secteur financier.

Quels sont les principaux enjeux et difficultés auxquels font face les entreprises du secteur de la finance dans l’adoption du cloud?

Jacques Ruckert. – «Les institutions financières s’intéressent de plus en plus à l’offre de cloud hybride. Elles souhaitent la combiner avec leur propre infrastructure existante, conformément aux modalités requises par la réglementation luxembourgeoise.

De nombreuses inquiétudes subsistent cependant, surtout en matière de limitation des risques pour la vie privée, de souveraineté des données et de sécurité de l’information en général.

Répartir efficacement et harmonieusement les responsabilités entre plusieurs fournisseurs de cloud potentiels et l’entreprise constitue un autre objectif essentiel dont il faut tenir compte. Surtout lorsque la solution dépasse les modèles purement ‘infrastructure as a service’, avec les risques de vendor lock-in (blocage du fournisseur, ndlr) que cela comporte.

D’où l’intérêt, pour les entreprises, de se tourner vers un partenaire PSF de support fiable et expérimenté en matière de cloud pour migrer vers le cloud hybride.

Le taux de migration vers le cloud dans ce secteur est-il aussi rapide qu’escompté?

«Le taux de migration vers le cloud est encore faible, mais il va sans nul doute augmenter, puisqu’il existe maintenant une réglementation européenne en la matière qui a le potentiel de jouer un rôle instrumental dans l’adoption du cloud public dans le secteur financier.

Par ailleurs, les fonctionnalités du cloud ont aussi connu une évolution impressionnante, notamment dans le domaine du machine learning et de l’IA, deux technologies qui peuvent apporter une forte valeur ajoutée pour les banques.

La réglementation luxembourgeoise est-elle aujourd’hui adaptée pour permettre l’adoption du cloud?

«Selon nous, la réglementation est adaptée. Le Luxembourg est en ligne avec les recommandations de l’ABE (Autorité bancaire européenne, ndlr), et le statut des PSF de support, qui est unique en Europe, peut jouer un rôle de catalyseur dans l’adoption du cloud.»