Marc Hengen (ACA)

«Le marché unique subit des attaques»

22 Novembre 2018 Interview par Jean-Michel Lalieu
Marc Hengen regrette les attaques que subissent les assureurs qui travaillent à l’international.
Marc Hengen regrette les attaques que subissent les assureurs qui travaillent à l’international. (Photo: paperJam / Archives)

Ce jeudi, l’Association des compagnies d’assurances et de réassurances (Aca) organise son traditionnel Aca Insurance Day. Une conférence qui fera à nouveau le plein et se concentrera cette année sur le marché unique européen. Administrateur délégué de l’Aca, Marc Hengen fait le point sur ces questions avec Paperjam.lu avant l’ouverture des débats.

Pourquoi avoir choisi le marché unique européen comme fil rouge de la session cette année?

Marc Hengen. - «La première raison est que le marché est en train de se fractionner à cause du Brexit. La seconde, c’est que ce marché unique, né au début des années 1990, subit des attaques. L’activité en libre prestation de services est désormais une des quatre libertés fondamentales de l’Union européenne. Depuis, beaucoup de petits pays, dont le nôtre, ont développé une forte activité internationale. Nous nous considérons comme un spécialiste dans cette activité et l’arrivée de 12 assureurs internationaux dans le contexte du Brexit nous le confirme. Mais le grand marché unique est sujet aux critiques. On lui reproche notamment un manque de régulation, de même qu’on reproche aux sociétés d’assurances qui travaillent à l’international de ne pas s’installer dans les pays où elles vendent leurs produits.

À quelques mois de l’échéance, peut-on dire que le secteur luxembourgeois de l’assurance fait partie des vainqueurs du Brexit?

«Je tiens tout d’abord à préciser que le Brexit est une situation que nous subissons et respectons, mais nous n’y étions clairement pas favorables. Mais le fait est que, dès le lendemain du Brexit, les grands groupes basés à Londres, une place très importante et très internationale pour le marché de l’assurance, se sont interrogés sur la manière de garantir leurs activités au sein de l’Union européenne. Ils ont établi des comparaisons entre les différentes places européennes et Luxembourg a été choisie par 12 d’entre eux. Donc oui, nous sommes parmi les grands bénéficiaires. Apparemment, leur choix a été lié au fait d’avoir un régulateur strictement dédié à l’assurance et qui connaît l’activité internationale et pas uniquement dans le secteur vie, au positionnement international du secteur avec de fortes compétences en la matière et, finalement, au multilinguisme généralisé dans le pays.

Peut-on déjà tirer un premier bilan de l’activité du secteur au Luxembourg en 2018?

«L’année n’est évidemment pas terminée et le dernier trimestre est assez déterminant au niveau de la tendance annuelle. On observe actuellement que les activités du secteur vie ont connu des hauts et des bas et enregistrent une légère croissance internationale. Mais les chiffres de comparaison en 2017 étaient, ceci dit, assez élevés. En non-vie, la croissance est plus importante, elle tourne aux alentours de 8%. Le non-vie à l’international est également en progression, grâce justement à ces nouvelles sociétés qui ont rejoint Luxembourg et ont déjà entamé leurs activités commerciales.»