Laurent Rouach (CEO d’Eliacin)

«Le digital transforme les pratiques de consommation»

09 Novembre 2018 Interview par Paperjam.lu

À la tête d’Eliacin, une société de conseil et d’investissement dédiée à l’innovation dans le domaine de l’immobilier, Laurent Rouach est passionné par les nouvelles technologies. Il partage avec Paperjam les attentes suscitées par l’irruption du digital dans le secteur.

L’immobilier est un métier de contact et de réseau. Comment les outils numériques peuvent-ils contribuer à renforcer ce lien de confiance? 

Laurent Rouach. – «Comme dans d’autres métiers, le numérique permet de hausser le niveau de qualité et de confiance entre les professionnels et leurs clients. Les outils digitaux permettent de communiquer en temps réel et d’animer facilement un réseau. Ils accélèrent également les démarches. L’identification et la découverte d’un bien peuvent dorénavant se faire sur un smartphone, la ‘vraie’ visite s’effectuant en self-service 24h/24. La transformation numérique touche également l’ensemble du process administratif, très fastidieux, qui s’appuie dorénavant sur des plates-formes de workflow autour desquelles les parties prenantes s’agrègent en toute confiance. Enfin, l’usage de la blockchain garantit la sécurité des transactions, des mouvements de capitaux, voire la titrisation d’un actif. 

Qu’il s’agisse de la vente ou de la gestion de biens, quels métiers sont les plus impactés par la digitalisation et de quelle manière? 

«L’ensemble de la chaîne de valeur est concerné: financement, construction, transaction, occupation, gestion. La transaction et la construction subissent toutefois les plus grands bouleversements. L’irruption des ibuyers frappe les esprits, car il s’agit d’un nouveau métier: l’agent acquière lui-même votre bien en moins de 24h sur une valorisation issue du big data et vous paie sous 30 jours. Dans les métiers de la construction, nous avons tous entendu parler de la fabrication par imprimante 3D, qui permet de réduire les délais (moins de 24h pour la structure) et les coûts (moins de 5.000€ pour une petite maison), ou de l’intervention de robots-peintres.

Quels en sont les bénéfices, pour les professionnels et pour leurs clients? 

«Pour le client, le digital transforme les pratiques de consommation, apportant des bénéfices en termes d’autonomie (portail immobilier, visites virtuelles, etc.), de réactivité (chatbot, IA…) et de transparence (symétrie de l’information). Du côté des professionnels, le numérique se traduit par l’apparition d’outils facilitant l’accès à des biens (MLS: plates-formes B2B de mandats exclusifs), une certaine forme d’expertise (big data) et une large automatisation des démarches pratiques (état des lieux sur tablette, création de visites 3D avec un smartphone, notamment). La digitalisation suscite de fortes attentes et dépoussière sérieusement une industrie somme toute vieillotte.»