Serge Allegrezza (Directeur du Statec)

«Le Comité fonctionne correctement»

06 Juin 2018 Interview par Ioanna Schimizzi
Selon Serge Allegrezza, vice-président du Comité économique et financier national, «le Luxembourg devrait s'inspirer de pays comme la France où l'Insee possède des agents répartis dans tous les services de l'État.»
Selon Serge Allegrezza, vice-président du Comité économique et financier national, «le Luxembourg devrait s’inspirer de pays comme la France, où l’Insee possède des agents répartis dans tous les services de l’État». (Photo: SG9LU / archives)

Mis en place en début d’année, le Comité économique et financier national a remplacé le Comité de prévision. À quelques mois des élections législatives, Serge Allegrezza, directeur du Statec, et vice-président du Comité, fait le point sur son état d’avancement.

Monsieur Allegrezza, le Comité économique et financier national a été créé en début d’année, comment évolue-t-il?

«Il s’agit d’un organisme que nous avions réclamé depuis longtemps pour améliorer la coordination. Nous sommes aujourd’hui une vingtaine de membres, issus des trois grandes administrations fiscales: l’Inspection des finances, l’Inspection de la sécurité sociale, le ministère des Finances, le ministère de l’Économie, et également le Statec. Nous nous sommes déjà réunis à plusieurs reprises depuis le début de l’année. C’est très intéressant, parce qu’on a désormais une vraie plate-forme pour pouvoir échanger. Nous avons deux points d’attention: le premier, c’est d’avoir accès à des données, et particulièrement des données très désagrégées, de préférence des microdonnées. Ensuite les prévisions que nous réalisons sont pour les finances publiques, donc il faut bien comprendre les spécificités de notre environnement fiscal pour pouvoir faire de bonnes prévisions.

Nous pourrions nous inspirer d’autres pays, comme la France avec l’Insee, qui possède des agents dans tout l’État et dans tous les services, qui rassemblent toutes les données.

Serge Allegrezza, directeur du Statec, et vice-président du Comité

Quels points d’amélioration notez-vous?

«Je dirais que pour que le Comité fonctionne correctement, il faudrait recruter des personnes qui travaillent avec un vrai programme d’amélioration des données, de circulation de l’information, surtout l’accès à des microdonnées fiscales. Il faudrait des permanents qui soient détachés dans un service dédié avec des missions particulières. Cela allégerait la charge administrative sur les entreprises et sur les ménages, et cela permettrait également de comprendre très tôt les évolutions qui ont lieu. Je suis conscient que tout cela est très politique, et il faudrait réussir à séparer les deux, c’est-à-dire que, d’un côté, le comité travaille justement sur ses objectifs, et que les aspects politiques soient complètement détachés. Nous pourrions nous inspirer d’autres pays, comme la France avec l’Insee, qui possède des agents dans tout l’État et dans tous les services, qui rassemblent toutes les données.

Des doléances que vous allez mettre en avant en vue des prochaines législatives?

«Le futur gouvernement, quel qu’il soit, va, je l’espère, introduire dans son programme ces pistes d’amélioration. Ces aspects sont certes un peu rébarbatifs et bureaucratiques, mais ils sont aussi, comme toute logistique, indispensables. Nous sommes ouverts à toutes les possibilités, et il y a des propositions que l’on va soumettre pour continuer à confronter les décideurs avec ce qu’il faudrait faire pour vraiment améliorer les choses. Les législatives du 14 octobre font évidemment partie de notre agenda.»