Karin Scholtes (Directrice des ressources humaines à la Bil)

«La formation est diverse et permanente»

18 Octobre 2017 Interview par Jonas Mercier
Karin Scholtes
«Les formations ludiques à travers le gaming sont une tendance qui prend de l’ampleur et que nous suivons de près», note Karin Scholtes, la directrice des ressources humaines à la Bil. (Photo: Sven Becker / archive)

Face à l’évolution constante de l’économie, la formation des collaborateurs fait désormais partie de la politique RH de toutes les grandes entreprises. Mais paradoxalement, elle devient de moins en moins prévisible.

Mme Scholtes, comment appréhendez-vous les questions de formation des collaborateurs au sein de la Bil?

Le développement de compétences est un élément clé pour toute entreprise active dans le secteur des services. Qu’il s’agisse de compétences techniques ou humaines, celles-ci représentent notre bien le plus précieux, car nous offrons avant tout les connaissances et les compétences de nos collaborateurs.

Nous sommes donc en dialogue permanent avec nos managers et même si nous continuons à établir des plans de formations annuels, nous essayons aussi d’être réactifs entre ces périodes pour pouvoir nous adapter aux besoins qui apparaissent. Aujourd’hui, il est impossible de faire un plan de carrière sur 5 ou 10 ans. Les choses évoluent extrêmement vite. Du coup, notre politique de formation est de moins en moins linéaire.

Si les besoins évoluent très rapidement, l’offre de formation est elle aussi en pleine effervescence. Comment faites-vous correspondre les deux?

La formation est diverse et permanente. Elle ne se résume pas aux seuls cours, mais se décline au niveau interne par des programmes de coaching ou de mentoring. Pour les besoins spécifiques, nous cherchons à l’extérieur. La House of training propose déjà une offre très variée, mais il nous arrive aussi de faire appel à des sociétés étrangères pour certaines formations très spécifiques ou diplômantes.

En plus, les outils de formation se diversifient de plus en plus. Le modèle présentiel est important pour nous, mais nous nous intéressons également à l’e-learning, voire au gaming, qui a pour objectif de rendre les formations plus ludiques. C’est une tendance qui prend de l’ampleur et que nous suivons.

Pour faire correspondre les besoins à l’offre, nous avons une équipe de six personnes, les «people development», qui travaillent à plein temps sur le sujet.

Quelles sont les compétences qui deviennent aujourd’hui indispensables à acquérir pour vos collaborateurs?

Dans le secteur de la formation, on parle beaucoup de «T shaped competencies» pour symboliser l’importance d’un développement parallèle des compétences transversales et verticales. Avec la digitalisation, un certain nombre de métiers vont disparaitre. Les compétences techniques vont donc devenir de plus en plus spécifiques.

Ce qui ne changera pas, par contre, ce sont les compétences transversales liées à l’humain. Le travail d’équipe, la créativité, la capacité de comprendre les liens entre différents projets… toutes ces choses-là resteront importantes. Et l’un des avantages des formations présentielles proposées par la House of Training est qu’elle permet aux employés du secteur bancaire de s’ouvrir à d’autres réalités en étant confrontés à d’autres problématiques.