Romain Siebenaler (Country manager - Cisco Luxembourg)

«Il ne s’agit pas d’un partenariat exclusif»

24 Janvier 2018 Interview par Jonas Mercier
Romain Siebenaler
Romain Siebenaler, country manager chez Cisco Luxembourg: «Le fait d’avoir engagé ce programme dans 16 pays avant le Luxembourg nous permet de pouvoir nous inspirer de 250 projets qui ont déjà été mis en place.» (Photo: Cisco)

Pour Cisco, l’accord qui vient d’être signé avec le Luxembourg pour accélérer la digitalisation du pays n’a pas un but commercial, mais permettra à l’entreprise d’obtenir des informations sur les besoins du terrain, comme elle le fait déjà dans 16 autres pays.

Monsieur Siebenaler, pouvez-vous nous donner un peu plus de détails sur le contenu du protocole d’entente que Cisco vient de signer avec le Luxembourg?

«Il s’agit d’un accord-cadre qui vise à accélérer le processus de digitalisation. Le Luxembourg est le 17e pays avec qui Cisco s’engage dans cette direction. L’Allemagne, la France, ou encore le Japon, disposent déjà d’un tel partenariat avec notre entreprise.

Mais à chaque fois, il s’agit d’une stratégie sur mesure, établie en fonction des besoins spécifiques du pays. Pour le Luxembourg, nous allons nous axer sur les quatre piliers que sont l’éducation, la cybersécurité, l’internet des objets et la fintech.

Concrètement, comment va se dérouler cet accord?

«Il s’agira de mettre à disposition du Luxembourg notre expertise et notre expérience. Nous disposons déjà de solutions qui fonctionnent au niveau international, comme notre Networking Academy (NetAcad), qui est une plateforme d’apprentissage en ligne disponible en 20 langues et qui existe déjà depuis 20 ans.

On y trouve des formations sur des thèmes très divers, mais en lien avec la digitalisation, comme l’entrepreneuriat, la programmation, ou encore l’internet des objets. Ces programmes sont complétés par l’obtention de certifications reconnues dans le monde de l’entreprise. Nous allons l’implémenter à l’Université du Luxembourg, mais notre objectif est de couvrir également le cycle secondaire.

De nombreux projets concrets vont être annoncés dans les mois à venir.

Romain Siebenaler, country manager chez Cisco Luxembourg

Pour ce qui est de la cybersécurité, nous avons beaucoup investi dans une solution de veille des cyberattaques dans le monde, Talos. Elle fonctionne sur la base d’échange d’informations, et nous allons intégrer le Luxembourg dans ce projet.

Concernant l’internet des objets, Cisco va travailler pour le développement des ‘smart cities’ au Luxembourg, alors que dans le domaine des fintech, nous avons pour projet de créer une infrastructure qui puisse apporter de la sécurité aux solutions développées par les start-up. Cela leur permettra d’inspirer plus rapidement confiance à leurs potentiels clients.

De nombreux projets concrets vont être annoncés dans les mois à venir, mais nous ne pouvons pas les communiquer pour l’instant.

Il s’agit donc plus d’un partenariat sur le long terme et davantage basé sur la coopération que la livraison d’un service bien spécifique…

«Chez Cisco, nous pensons que la digitalisation va changer le monde. Et nous voulons aider les pays à aller plus vite dans cette direction. Une grande partie de la consultance que nous avons déjà offerte dans le cadre de ce programme a d’ailleurs été gratuite.

Le but premier de ce partenariat n’est pas commercial. Il nous permet en retour d’obtenir des informations sur les besoins et l’évolution de la digitalisation sur le terrain. Bien sûr, nous avons derrière tout cela un portefeuille de solutions que nous pouvons proposer aux entreprises par la suite. Mais il s’agit bien d’une coopération sur le long terme, et non pas d’une simple prestation de services.

D’autres accords de ce type devraient être passés.

Romain Siebenaler, country manager chez Cisco Luxembourg

Le fait d’avoir engagé ce programme dans 16 pays avant le Luxembourg nous permet de pouvoir nous inspirer de 250 projets qui ont été déjà mis en place. En retour, nous pourrons partager les solutions innovantes trouvées au Luxembourg.

Il ne s’agit pas d’un partenariat exclusif. Nous pensons d’ailleurs que d’autres accords de ce type devraient être passés avec d’autres entreprises, car notre objectif est, encore une fois, d’accélérer le processus de digitalisation.

Combien ce partenariat coûte-t-il au Luxembourg?

«Nous ne pouvons pas communiquer sur ce sujet. Au Luxembourg, Cisco emploie une quinzaine de personnes. Mais nos effectifs ne devraient pas sensiblement augmenter, car notre modèle de distribution se fait à travers des partenaires locaux. Nos équipes se concentrent sur le conseil et profitent de notre expérience et de notre vision mondiale pour proposer des solutions globales. Nous nous chargeons ensuite de fournir les équipements nécessaires.»