Mike Sergonne (Managing partner - Nvision)

«Franchir le pas et s’engager de façon déterminée»

11 Mai 2018 Interview par Paperjam.lu
Mike Sergonne
Mike Sergonne: «La digitalisation implique souvent un changement de stratégie.» (Photo: Maison moderne / archives)

Avec la création du parcours «Go Digital», les PME bénéficient d’une aide précieuse pour passer le cap de la digitalisation. Mike Sergonne, le fondateur de Nvision, partage son point de vue sur cette dernière.

Monsieur Sergonne, Nvision accompagne les entreprises qui souhaitent passer au digital. Pour vous, qu’est-ce que la digitalisation d’une entreprise?

«La digitalisation d’une entreprise n’est pas la simple adoption d’outils numériques. C’est un réel changement de culture, et souvent aussi de stratégie. Chez Nvision, nous avons quatre piliers pour aider nos clients à réussir leur transformation digitale. Nous commençons par repenser avec eux leur business model en partant des besoins du client final et en développant des plans d’action concrets.

Vient ensuite l’analyse qui englobe nos services de suivi et d’optimisation des données autour des clients et du marché. Une fois que les solutions sont adoptées par le management, il faut encore les partager. C’est là qu’intervient le ‘share’, c’est-à-dire le travail pour sensibiliser et autonomiser les équipes. On peut alors engager la phase pure de création, que nous appelons ‘create’ et qui se concentre sur la réalisation de la meilleure expérience utilisateur en design et développement des outils numériques. 

Le contexte change, et l’arrivée de nouveaux acteurs modifie la donne.

Mike Sergonne, managing partner de Nvision

Le Luxembourg semble avoir pris du retard sur ses voisins européens en matière de digitalisation. Comment l’expliquez-vous?

«Le Luxembourg est prudent lorsqu’il se lance. Bien que les profils évoluent, les managers et les CTO présents sur le territoire sont souvent peu habitués à la digitalisation. Le manque de concurrence sur le territoire, où la répartition des marchés obéit au ‘consensus luxembourgeois’, a permis aux entreprises de se reposer sur leurs acquis sans être obligées d’innover pour conserver leur clientèle. Le contexte change, et l’arrivée de nouveaux acteurs modifie la donne.

Comment le Luxembourg peut-il davantage stimuler la digitalisation?

«Les efforts entrepris par le gouvernement ont déjà bien fait bouger les choses. Jusque-là, les initiatives concernaient surtout le développement des infrastructures, une étape incontournable, mais pas suffisante. Luxembourg est aujourd’hui une plateforme intéressante et propice aux essais digitaux. Nos entreprises doivent dorénavant franchir le pas et s’engager de façon déterminée en matière de transformation digitale, en se faisant accompagner par des spécialistes pour éviter les écueils et maximiser les bénéfices de la numérisation.»