Dr Aida Nazarikhorram (Cofondatrice - LuxAI)

«Donner une apparence humaine dépend des objectifs»

16 Novembre 2018 Interview par Paperjam.lu
«Le QTRobot joue avec l’enfant, lui pose des questions, l’aide à résoudre des problèmes ou lui raconte des histoires. Le tout se fait de manière très simple et compréhensible pour l’enfant.»
Le Dr Aida Nazarikhorram: «Le QTrobot joue avec l’enfant, lui pose des questions, l’aide à résoudre des problèmes ou lui raconte des histoires. Le tout se fait de manière très simple et compréhensible pour l’enfant.» (Photo: DR)

Le Dr Aida Nazarikhorram est cofondatrice de LuxAI, une spin-off de l’Université du Luxembourg spécialisée dans la robotique socialement assistée, lauréate de nombreux prix de l’innovation. Son QTrobot, destiné aux enfants autistes, sera lancé officiellement en janvier 2019 et voit affluer des commandes du monde entier.

Comment interagit QTrobot avec l’enfant autiste?

«Notre robot apprend de manière ludique à l’enfant autiste à sortir de son isolement et à exprimer ses émotions. Le QTrobot joue avec l’enfant, lui pose des questions, l’aide à résoudre des problèmes, ou lui raconte des histoires. Le tout se fait de manière très simple et compréhensible pour l’enfant. 

Des études scientifiques ont démontré que les enfants autistes sont beaucoup plus réceptifs aux robots qu’aux êtres humains. Pourquoi?

«Qu’ils soient autistes ou non, les enfants sont fascinés de manière générale par la technologie et les robots. De plus, un robot n’émet aucun jugement et est toujours constant dans son attitude. Quoi que les enfants fassent, leur compagnon de jeu électronique n’émettra jamais aucun avis négatif et se montre toujours patient. Rien n’est imprévisible chez lui. Les enfants sont dès lors complètement désinhibés. Ils n’ont pas la peur de mal faire, se sentent complètement en confiance et interagissent plus facilement qu’avec un être humain.  

Nos robots ressemblent à des robots et adoptent des expressions excessives, presque caricaturales.

Dr Aida Nazarikhorram, cofondatrice de LuxAI

Les robots doivent-ils nécessairement nous ressembler pour que nous puissions les accepter?

«Tout dépend des objectifs. S’il s’agit d’accueillir ou de guider les gens dans un magasin ou un aéroport, faire appel à un robot avec une apparence humaine fait du sens. Par contre, dans le cadre de projets éducatifs comme le nôtre, donner une forme humaine à un robot aurait l’effet opposé à celui souhaité!

Nos robots ressemblent à des robots et adoptent des expressions excessives, presque caricaturales, pour bien montrer aux enfants qu’ils n’ont pas affaire à un être humain. Cela dit, il ne faut pas non plus exagérer la portée des robots sociaux. Ils restent avant tout des outils qui ne peuvent en aucun cas se substituer à des êtres humains.»