Eugène Berger (Président du groupe parlementaire DP)

Cannabis, fonction publique et coalition

15 Juin 2018 Interview par Audrey Somnard
Eugène Berger, DP
Eugène Berger: «Je suis content de notre bilan, je ne regrette rien, mais nous avons encore des choses à proposer». (Photo: Maison Moderne)

Le président du groupe parlementaire DP partage son regard sur l’actualité avec la rédaction de Paperjam. Retour sur l’accord dans la fonction publique, la légalisation éventuelle du cannabis et le bilan de la coalition DP-LSAP-Déi Gréng.

Monsieur Berger, un accord a été trouvé pour favoriser les carrières dans la fonction publique, n’est-ce pas une décision purement électoraliste?

«Non, car avant 2013 nous avions le courage de dire qu’il ne fallait pas d’augmentation dans la fonction publique, si le pays ne pouvait pas se le permettre. Vous pouvez le retrouver dans nos anciens programmes. Nous avons besoin d’une bonne fonction publique, l’État se doit d’être attractif pour avoir les meilleurs talents.

Et puis en cette période où l’économie va bien, nous pouvons partager avec les employés du secteur public. Il y a eu d’autres périodes où le DP avait un programme où des mesures étaient clairement en faveur des fonctionnaires, ils ne nous l’ont pas rendu dans les urnes... Donc je ne pense pas que cela soit considéré comme un cadeau pour eux, disons que c’est un hasard du calendrier.

Une pétition, rencontrant un succès fulgurant, demande la légalisation du cannabis au Luxembourg, qu’en pensez-vous?

«Le conseil national du DP n’a pas encore tranché sur cette question, donc il m’est difficile de parler d’une seule voix pour le parti. À titre personnel, je dirais que cela serait une solution pour ce qui concerne le cannabis thérapeutique, on pourrait donc s’en procurer tout à fait légalement, mais sous prescription de son médecin.

Je ne pense pas que le cannabis soit plus dangereux que l’alcool ou les cigarettes

Eugène Berger, président du groupe parlementaire DP

À première vue, en tant que libéral je pourrais me prononcer pour, mais je ne veux pas me fixer, il reste encore des interrogations. Je ne pense pas que cela soit plus dangereux que l’alcool ou les cigarettes, mais l’idée de coffee shop au Luxembourg, le pays est un gros point de passage... Cela pourrait avoir des conséquences, comme c’est le cas pour le tourisme à la pompe.

Moi qui suis très sportif, je n’ai jamais fumé. Je ne dis par contre pas non à un bon verre de vin rouge.

Est-ce que la coalition est encore vivante? Alex Bodry semble dire que non...

«La coalition sera bien vivante jusqu’au 14 octobre, nous continuons à travailler jusqu’au bout, dans l’esprit du contrat que nous avons signé il y a cinq ans. Si l’on regarde aujourd’hui les sondages, il semblerait cependant que la coalition ne puisse malheureusement pas continuer. Quant aux déclarations d’Alex Bodry sur le sujet, je pense que le LSAP se concentre actuellement sur lui-même, ils ont besoin de faire ce travail.

En 2013, nous sommes arrivés au pouvoir car plus personne ne voulait de Jean-Claude Juncker, qui était empêtré dans le scandale du Srel, la population avait besoin de changements d’ordre sociétal. C’est ce que nous avons fait. Je suis content de notre bilan, je ne regrette rien, mais nous avons encore des choses à proposer. Ce sera aux électeurs de trancher.»