Adriano Picinati di Torcello (Directeur, Deloitte Luxembourg)

«Art & Finance: le meilleur reste à venir»

09 Septembre 2014 Interview par Pierre Sorlut
Adriano Picinati
Adriano Picinati: « la création du Port franc est une première étape.» (Photo: Deloitte)

Préalablement à l’inauguration du Port franc et conjointement à la stratégie de diversification par l’art et la finance, Adriano Picinati di Torcello, Director chez Deloitte Luxembourg, présente l’initiative Art& Finance et donne un aperçu du rapport Art & Finance 2014 qu’il a corédigé avec ArtTactic. Celui-ci paraitra le 18 septembre.

Monsieur Picinati di Torcello, quelles sont les principales tendances mises en valeur par le rapport?

«Nous publions la 3ème édition du rapport Art & Finance, qui analyse l’évolution de l’industrie Art et Finance au cours de l’année passée. Le rapport sera rendu public le 18 septembre, mais je peux d’ores et déjà vous confirmer que c’est un sujet qui s’impose et que la dynamique s’accélère!
Cette année le rapport sera encore plus représentatif des tendances, car nous avons pu augmenter le nombre de participants aux différentes enquêtes, ainsi que les sujets couverts, en ajoutant notamment une partie juridique. De plus, nous y présentons le point de vue de différents acteurs dont celui des gestionnaires de fortunes, des family offices, mais également des conseillers en art et enfin des collectionneurs.

Comment percevez-vous justement la réceptivité des acteurs du marché à la problématique «art et finance», au Luxembourg et ailleurs ?

«Depuis 2011, nous évaluons la réceptivité à la problématique Art et Finance. Cela nous permet de comprendre les évolutions en terme de perception, mais également de prévoir quels seront les enjeux de demain et d’observer comment les différences entre les acteurs évoluent.
Au Luxembourg, si l’on se base sur le succès de notre conférence du 18 septembre qui affiche déjà complet, nous constatons un intérêt croissant pour le sujet.
D’ailleurs, l’intérêt pour l’industrie Art & Finance dépasse largement les frontières. Nous aurons en effet le plaisir de recevoir des participants des États-Unis, d’Asie et de nombreux pays européens.
Maintenant, on voit un intérêt croissant de la part des acteurs luxembourgeois pour le sujet, car les opportunités sont nombreuses; tant au niveau de la finance qu’à ceux de la logistique, de la culture, de l’ICT, de la compétitivité, ou encore de l’image du pays. Dans un contexte mondial, ou l’industrie créative prend de plus en plus d’importance, il y a une carte intéressante à jouer!

L’écosystème se développe-t-il au rythme espéré ?

«Cela dépend... Du point de vue personnel, j’aimerais bien sûr que les choses aillent beaucoup plus vite; mais il faut être conscient que l’époque que nous traversons est particulièrement difficile et qu’il y a un certain nombre d’urgences à gérer. Aussi, nous parlons d’une transformation, voire d’une révolution du marché de l’art et les révolutions ne se font pas en un jour. Afin de faire avancer les choses, il faut éduquer, faire prendre conscience, développer l’esprit d’initiative et surtout faire preuve de ténacité.

Depuis 7 ans, Deloitte Luxembourg poursuit un travail de sensibilisation sur le sujet. L’ouverture du Port franc va permettre d’accélérer le processus pour construire un cluster regroupant Art et Finance, business et culture à Luxembourg.
Mais il ne faut pas perdre de vue que la création du Port franc est une première étape.
Certes une étape cruciale, mais qui devra être accompagnée d’autres mesures afin de positionner le Luxembourg comme un centre de compétence international incontournable pour les biens de valeur tangibles au sens large et également pour les biens digitalisés.
Le meilleur reste donc à venir!»