Art et business

Yves Bouvier ne mise plus que sur les ports francs

03 Novembre 2017 Par Frédéric Antzorn
Yves Bouvier
Dans l’attente de sortir de ses nombreux démêlés judiciaires, Yves Bouvier compte mener deux ou trois projets de freeport en Asie. (Photo: Paperjam.lu / archives)

Ses ennuis judiciaires ayant précipité le recul de ses affaires dans le commerce de l’art, l’homme d’affaires suisse – toujours actionnaire majoritaire du Freeport de Luxembourg – ne voit plus son avenir que dans ce seul secteur d’activités, notamment en Asie.

Yves Bouvier, l’homme d’affaires fondateur des ports francs de Luxembourg, Genève et Singapour, vient de céder sa société d’entreposage d’œuvres d’art Natural Le Coultre (NLC) – dont ne font pas partie ces ports francs – à la société familiale française André Chenue.

«Essentiellement pour des raisons patrimoniales», a-t-il assuré cette semaine au journal Le Temps, expliquant qu’il avait pris cette décision «pour la pérennité de la société, des employés et des clients», mais aussi parce qu’il n’est pas marié et n’a pas d’enfant ou de successeur dans l’entreprise.

Selon nos confrères, cette vente serait toutefois également liée aux démêlés judiciaires – à Monaco, en France, à Singapour ou encore aux États-Unis – que connaît depuis février 2015 Yves Bouvier avec un autre homme d’affaires, le Russe Dmitri Rybolovlev, au sujet de la vente de nombreux tableaux de maîtres.

Des projets en Asie

À en croire Le Temps, c’est la grande médiatisation de ce litige qui aurait surtout précipité la vente de NLC, dont le recul des ventes aurait atteint un pourcentage à deux chiffres.

Également soupçonné d’avoir fraudé le fisc helvète pour un montant de 165 millions de francs suisses (141 millions d’euros), Yves Bouvier fait aussi actuellement l’objet d’une mise sous séquestre de son parc immobilier, le temps de l’enquête menée par les autorités fédérales suisses, enquête qui, elle aussi, a entaché la réputation du collectionneur d’art.

Il reconnaît d’ailleurs que ses activités dans le commerce de l’art sont désormais au point mort et qu’il entend dorénavant se concentrer «exclusivement» sur les ports francs.

Toujours actionnaire majoritaire de ceux de Luxembourg et de Singapour – hermétiques à ses ennuis judiciaires –, il a participé à la mise en place d’une structure similaire à Shanghai et compte en développer «encore deux ou trois autres en Asie», a-t-il encore indiqué au journal Le Temps.