Compétences dans les Tic

Vers une spécialisation accrue des métiers de l'IT

15 Mars 2016 Par Florence Thibaut
Pour Claude Meisch, il est crucial de mieux guider les lycéens et de leur donner le goût des filières informatique et scientifique.  (Photo: Sven Becker / Archives)

L’édition 2016 de l’étude «Les qualifications de demain dans le domaine des Tic» révèle un nombre d’embauches liées à des création de postes à la hausse, reflet de besoins toujours plus importants. Autre constat, avec 81,4% des offres qui demandent un diplôme universitaire, on assiste à une spécialisation marquée des fonctions.

Réalisée tous les deux ans en alternance avec une étude sur les compétences dans l’industrie, l’enquête «Les qualifications de demain dans le domaine des Tic» est consacrée aux prévisions d’embauche des entreprises dans les métiers informatiques. Coordonnée par la Fedil, la CLC et l’ABBL avec le concours de différents acteurs institutionnels, dont l’Adem et le ministère du Travail et de l’Emploi, l’enquête par questionnaire a été menée auprès de 148 entreprises industrielles, financières et commerciales pour son édition 2016 (contre 183 en 2015).

Ces dernières comptent au total embaucher 532 personnes au profil informatique dans les deux années à venir. 65% de ces recrutements seront liés à des créations de postes. En 2014, lors de l’édition précédente, 49% des postes étaient des remplacements.

Autre tendance forte: les exigences des entreprises se dirigent vers des hauts niveaux de qualification. Le niveau Bac+2 est un minimum requis dans 93% des cas et les formations universitaires sont recherchées avec 81,4% des perspectives d’embauche. Parmi celles-ci, la catégorie Masters/doctorats est requise dans 51,7% des cas, quand 29,7% des sondés visent les bachelors. Dans l’édition précédente, ce ratio était inversé.

Repérer les vides de compétences

Déjà à sa 8e édition, l’étude poursuit toujours un double objectif: informer les lycéens et leurs familles des perspectives de carrière, et déterminer quelles sont les formations à développer en priorité pour répondre aux besoins du terrain. L’enquête permet de mesurer les évolutions en termes de besoins et de profils rares. Le top trois des fonctions les plus prisées en 2016 sont les programmeurs/développeurs, les techniciens helpdesk et délégués commerciaux.  

Tout le monde ne peut pas étudier la psychologie, il faut guider les élèves vers d’autres choix.

Claude Meisch, ministre de l'Éducation nationale

Pour Claude Meisch, ministre de l’Éducation nationale, c’est dès l’école qu’il faudrait parler de métiers IT, de carrière scientifique et d’entrepreneuriat. «Il faut absolument améliorer l’orientation des élèves. Tout le monde ne peut pas étudier la psychologie, il faut guider les élèves vers d’autres choix. On a besoin de davantage de lycéens qui optent pour des filières scientifiques, les mathématiques ou l’informatique. Cette matière grise est indispensable pour nourrir l’économie luxembourgeoise. Elle a besoin d’entrepreneurs digitaux», explique-t-il.

Une initiative comme Digital4Education entend stimuler le goût des élèves pour la technologie et leur apporter des rudiments en programmation. «Approcher et tester le code crée une appréhension positive des nouvelles technologies. Cela donne confiance aux jeunes», ajoute Claude Meisch.      

Partager les success stories

Cette année, pour toucher davantage de lycéens, la Fedil et ses partenaires ont modernisé leur communication en développant un site web ludique, ainsi qu’une brochure en ligne, qui viennent compléter les traditionnels dépliants et supports papier. Et Nico Binsfeld, à la tête de la House of training, autre soutien du projet, d’affirmer: «Sensibiliser le grand public aux débouchés du secteur est une responsabilité partagée. Il faut donner envie à ces jeunes.» Le nouveau portail relaye les résultats de l’enquête, mais aussi des témoignages vidéo d’entrepreneurs de l’ICT pour potentiellement inspirer des vocations et illustrer la multiplicité de possibilités de carrières.

Le projet vient en renfort de la campagne «HelloFuture» chargée de promouvoir les métiers de l’industrie. «C’est un autre exemple de partenariats public-privé réussi sur le terrain de l’orientation des jeunes. Tous les acteurs de l’emploi, de l’Adem aux entreprises, ont tout intérêt à travailler ensemble pour comprendre ce dont les entreprises ont directement besoin», affirme Nicolas Schmit, ministre du Travail et de l’Emploi. «Sur le plan des métiers ICT, améliorer le niveau global des compétences passera par un meilleur guidage des élèves, la reconversion de demandeurs d’emploi ou encore davantage de formations continues. Les aptitudes digitales sont devenues clés dans tous les secteurs.»