10x6

Une transformation digitale toujours en cours

01 Mars 2018 Par Jonas Mercier
Xavier Roblin
«Vous allez certainement rater certains projets, mais il ne faudra pas hésiter à essayer. C’est ce qui fera votre force. Il faut comprendre que perdre de l’argent, c’est parfois en gagner», a témoigné Xavier Roblin, de la Bâloise Assurances. (Photo: Maison Moderne)

Processus de longue haleine, l’adaptation des entreprises à l’ère du tout numérique était au cœur du 10x6 transformation digitale proposé par le Paperjam Club, mercredi soir au Tramsschapp. Entre exemples de transitions réussies et énumération des écueils à éviter, les interventions avaient toutes un caractère très pragmatique.

On en parle depuis plusieurs années déjà, mais c’est une thématique qui est loin d’être épuisée. «Plus qu’une simple transformation, il s’agit d’une conséquence de la révolution numérique que nous sommes en train de vivre», a pointé Emilie Urbany, tout droit venue de Paris où elle est responsable de l’innovation et de l’accélération digitale pour le groupe belge Solvay.

«Pour réussir cette transformation, les entreprises peuvent s’appuyer sur différents piliers: leur dirigeant, leur équipe digitale, les nouvelles méthodes de travail, l’expérimentation de solutions et surtout l’écosystème qu’elles créeront pour se rapprocher de leurs clients, de leurs partenaires, mais aussi de leurs concurrents qui peuvent devenir des partenaires de cocréation.»

Plus qu’une simple transformation, c’est une conséquence de la révolution numérique que nous sommes en train de vivre.

Emilie Urbany, Solvay

Certaines entreprises sont plus en avance que d’autres. Novatrices, elles ont profité des nouvelles technologies pour changer de paradigmes et créer de nouveaux business model. C’est le cas de Webtaxi, dont les six ans d’existence ont été résumés en six minutes par son chargé de communication, Cyrille Horper. «Il s’agit d’une approche ‘software as a service’ (SaaS) qui passe entièrement par le cloud et donc ne nécessite aucun serveur chez nous. Notre but est de fournir la meilleure expérience client possible.»

Il s’agit d’une approche  ‘software as a service’ (SaaS) qui passe entièrement par le cloud et donc ne nécessite aucun serveur chez nous.

Cyrille Horper, Webtaxi

Autre exemple évoqué sur scène mercredi soir: Bionext Lab. La start-up fondée par Jean-Luc Dourson propose le premier service mobile de prise de sang du Grand-Duché. «Il fallait répondre à l’évolution des modes de vie, non seulement pour fidéliser la clientèle, mais aussi pour créer un écosystème fonctionnel qui implique également les laboratoires et les médecins.»

Il fallait répondre à l’évolution des modes de vie.

Jean-Luc Dourson, CEO Bionext Lab

Xavier Roblin, de la Bâloise Assurances, a pris l’exemple des personnages de la célèbre série des livres pour enfants «Monsieur Madame» de Roger Hargreaves, pour rappeler qu’il ne fallait être ni grincheux ni peureux quand il s’agissait de la transformation digitale, mais «y aller franco». «Vous allez certainement rater certains projets, mais il ne faudra pas hésiter à essayer. C’est ce qui fera votre force. Il faut comprendre que perdre de l’argent, c’est parfois en gagner.»

Il faudra comprendre que perdre de l’argent, c’est parfois en gagner.

Xavier Roblin, Bâloise Assurances

Digitaliser son entreprise est un parcours du combattant semé d’écueils, certes. Mais certains peuvent être évités, notamment dans le «back end». Ainsi, si le cadre juridique a évolué et permet aujourd’hui de digitaliser ses documents en gardant leur valeur probante et d’utiliser la signature électronique, «il est essentiel de respecter deux principes de bases pour ne pas se voir rattraper par les ennuis: l’intégrité et l’authenticité», a rappelé Vincent Wellens, du cabinet NautaDutilh Avocats Luxembourg.

La digitalisation des documents est désormais possible, il est essentiel de respecter deux principes de bases: l’intégrité et l’authenticité.

Vincent Wellens, NautaDutilh Avocats Luxembourg

Arno Richard, le fondateur du cabinet de conseil Cap4 Group, a rappelé quant à lui que chaque projet de digitalisation devait se baser sur un objectif bien précis établi dès le début. «Il faut savoir où l’on va et pourquoi avant de se lancer dans sa transformation digitale.»

Il faut savoir où l’on va et pourquoi avant de se lancer dans sa transformation digitale.

Arno Richard, Cap4 Group

Mais la transformation digitale n’est pas qu’une question de robots. Le capital humain fait et fera nécessairement partie de cette évolution de l’entreprise. «Il n’y a pas d’expérience client sans expérience des gens», a noté Thierry Ravasio, partner chez KPMG. «Il faudra investir plus dans ses employés, inculquer une culture interne du changement et réfléchir aux nouvelles formes que pourra prendre le travail», a-t-il ajouté.

Il n’y a pas d’expérience client sans expérience des gens.

Thierry Ravasio, KPMG

Les compétences dont on a besoin ne sont pas celles qui sont produites aujourd’hui.

Ronan Vander Elst, Deloitte

La capacité toujours plus rapide de réaction des collaborateurs face aux changements devient également essentielle pour Ronan Vander Elst, partner chez Deloitte, qui a rappelé que «les compétences dont on a besoin ne sont pas celles qui sont produites aujourd’hui.» Une des clés, selon lui, sera donc de promouvoir l’appétence de tous pour les approches créatives.