Législatives 2018

Une table ronde pour voir les candidats «s’affirmer»

20 Septembre 2018 Par Jonas Mercier
L’exercice est une routine pour certains, une obligation moins agréable pour d’autres, comme l'a confié David Wagner (Déi lénk), qui préfère mener campagne sur le terrain.
L’exercice est une routine pour certains, une obligation moins agréable pour d’autres, comme l’a confié David Wagner (Déi Lénk), qui préfère mener campagne sur le terrain. (Photo: Maison Moderne)

Alors que les six candidats du débat politique organisé par Maison Moderne mercredi soir se préparaient à entrer sur la scène, le public avait des attentes diverses sur cet échange, bien que très précises.

Une vingtaine de minutes avant d’entrer sur scène, alors que la salle de spectacle du centre culturel Kinneksbond à Mamer se remplit, Claude Wiseler (CSV), Étienne Schneider (LSAP), François Bausch (Déi Gréng), David Wagner (Déi Lénk) et Fernand Kartheiser (ADR) se retrouvent en coulisses. Pierre Gramegna a dû remplacer au pied levé Xavier Bettel, retenu par une obligation européenne, pour représenter le DP.

Les deux modérateurs de la soirée, Matthieu Croissandeau, directeur éditorial de Maison Moderne, et Thierry Raizer, rédacteur en chef de Paperjam, leur énoncent les principes du débat qui doit suivre.

Complices en coulisses

Ils auront 10 minutes de parole, ainsi qu’une minute pour présenter leur profession de foi électorale au début, et une autre minute à la fin pour conclure leur intervention. «La dernière minute, j’y renonce et je l’utiliserai pour aller prendre un verre», lâche Pierre Gramegna.

Tout le monde rit, l’ambiance est détendue. On se tutoie, on plaisante, on se taquine. S’ils sont des adversaires politiques dans la sphère publique, ils savent plaisanter en coulisses.

L’exercice est une routine pour certains, une obligation moins agréable pour d’autres, comme le confie David Wagner (Déi Lénk), qui préfère mener campagne sur le terrain. Claude Wiseler (CSV), lui, échange jusqu’à la dernière minute avec son épouse, Isabelle Wiseler-Lima, échevine à Luxembourg-ville.

Un public éclectique

De l’autre côté du rideau, des groupes se forment, les discussions s’animent, les verres s’entrechoquent. Quelque 450 personnes attendent avec impatience d’entendre les têtes de liste des six principaux partis en lice. Ils viennent de tous les milieux. Économique, universitaire, politique, et même médiatique.

Devant les projecteurs la semaine dernière pour modérer un débat similaire, mais en luxembourgeois, la présentatrice de RTL, Nathalie Reuter, est venue en tant que spectatrice avertie. Elle échange avec la députée Déi Gréng Sam Tanson, qui salue le fait qu’il s’agisse du seul débat en français de la campagne.

Dans un autre petit groupe, le CEO de la Bil, Hugues Delcourt, avoue être impatient. «Nous connaissons les programmes, mais je veux voir comment chaque candidat vibre et défend ses idées», dit-il. «Je ne pourrai pas voter cette fois-ci, mais j’ai demandé la nationalité luxembourgeoise et ça m’intéresse de connaître ceux qui dirigeront le prochain gouvernement.»

Dans un autre coin de la salle, on rencontre aussi Fabrice Croiseaux, le CEO de la PME InTech, ou encore Michèle Detaille, la dirigeante du groupe Alipa. On trouve également l’économiste de la Fondation Idea Michel-Edouard Ruben. «Les programmes, on les connaît, mais ce genre d’exercice permet de voir comment les candidats s’affirment, quels éléments ils mettent en avant et quels sont leurs dénominateurs communs», glisse-t-il.

Les politiques approuvent

Une partie du public est également composée de candidats politiques, venus écouter leur leader. La secrétaire d’État Francine Closener (LSAP) déplore avoir entendu beaucoup de platitudes durant la campagne et espère que cette table ronde permettra de démystifier les programmes des différents partis.

Elle discute avec l’ancien ministre de l’Économie, Jeannot Krecké (LSAP), qui a tenu, lui aussi, à être présent. «Beaucoup de choses ont déjà été dites, c’est vrai, mais comme personne n’était là pour les contredire…»

Il est 19h, les portes se ferment, les lumières s’éteignent et les candidats entrent sur scène. Le débat commence.