Aménagement du territoire

Une nouvelle vision spatiale plus «contraignante»

24 Octobre 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Les anciennes friches de Schifflange devraient être l’un des sites phares mis en valeur dans le prochain plan directeur d’aménagement du territoire. (Photo: ArcelorMittal)

Présente dans l’accord de coalition, la refonte du plan directeur d’aménagement du territoire doit aboutir en 2019, selon le timing dévoilé mardi. Pensé pour être élaboré de manière participative, il doit mettre fin à certaines pratiques pour aller «sur la bonne voie».

«Une politique responsable et durable en matière d’aménagement du territoire mise davantage sur les développements régionaux et décentralisés en promouvant la proximité entre le logement, le travail, l’approvisionnement, les loisirs et la détente pour une meilleure qualité de vie.» Mettre en application concrète cette définition théorique, présente dans l’accord gouvernemental de coalition de 2013, pour «donner les directions à suivre au cours des 20 à 30 prochaines années». Tel est «le gros chantier» auquel veut s’atteler François Bausch pour la dernière année de son mandat à la tête du ministère du Développement durable et des Infrastructures.

Car si le dernier plan général d’aménagement du territoire remonte à 2003, la situation actuelle apparaît bien différente de celle imaginée 15 ans plus tôt. Un emploi sur deux dans le pays se trouve encore et toujours aux alentours immédiats de la capitale, «alors que cette zone ne représente qu’un quart de la population totale» selon les données du ministère. Ces dernières indiquent par ailleurs que l’écart entre le lieu de résidence et le lieu de travail n’a eu de cesse de s’agrandir, ayant pour conséquence une aggravation de la situation dans les transports en commun. Le trafic le long du contournement de la capitale, sur l’A4 et l’A13, augmente «au minimum de 3% chaque année», à en croire les analyses effectuées.

«Les chiffres démontrent que l’aménagement du territoire a besoin d’une nouvelle vision spatiale contraignante afin de mettre le développement du pays sur la bonne voie», analyse François Bausch, qui préconise la mise en place d’un processus de refonte basé sur un «changement collaboratif inclusif et décentralisé». Autrement dit, la mise en place d’ateliers composés de résidents, et pour lesquels les frontaliers auront un avis à donner. Dédié à chacune des quatre régions définies, chaque atelier devra s’atteler à la réflexion sur les infrastructures à développer selon «les principes non négociables» d’ores et déjà élaborés par un groupe de travail interministériel. «Un bon exemple de ce qui pourrait se faire dans le développement du projet ‘Wunne mat der Wooltz’ ou dans l’exploitation des friches de Schifflange», détaille François Bausch.

Concrètement, le planning présenté mardi prévoit une inscription aux futurs ateliers régionaux à compter du mois de janvier 2018. Ces derniers se tiendront sur une durée de six mois, entre février et juillet, et doivent aboutir à un «plan d’action citoyen» d’ici la fin 2018. Un document qui doit servir de base à l’élaboration du nouveau plan d’aménagement du territoire, attendu pour 2019. «Nous avons un modèle économique basé sur un énorme développement, qui nécessite la création de 10.000 nouveaux emplois chaque année, il n’est donc plus possible de continuer comme c’est le cas actuellement», martèle François Bausch, qui assure que «les faits présentés ne sont pas des fake news, le prochain ministre, même si ce n’est pas moi, devra prendre cela en compte».