Poisson d’avril

Une mauvaise blague fait chuter l’action de Tesla

03 Avril 2018 Par Jonas Mercier
Elon Musk
L’agence Moody’s avait dégradé la note de l’entreprise de B3 à Caa1 fin mars, estimant que le constructeur n’atteindrait pas ses objectifs de vente de 2.500 véhicules par semaine. (Photo: @elonmusk / Twitter)

Le cours boursier du constructeur américain a perdu près de 8%, lundi matin, suite à un poisson d’avril annonçant la faillite de la marque. Cette évolution n’a pas fait réagir son patron, Elon Musk, pourtant à l’origine du gag.

C’est une blague qui n’a pas fait rire les investisseurs. Postés dimanche 1er avril, plusieurs tweets d’Elon Musk annonçaient la faillite de Tesla. Sur l’un d’entre eux, le patron charismatique de l’entreprise n’hésite pas à poser pour une photo illustrant son poisson d’avril.

Dans un autre message, Elon Musk explique qu’après des «efforts intenses pour lever des capitaux, dont une vente massive et désespérée d’œufs de Pâques», Tesla est officiellement en «faillite complète et totale». Pas de doute, donc, du caractère ironique de cette information.

La bourse rit jaune

Le sens de l’humour ne semble toutefois pas être une caractéristique du monde de la finance. Le cours de Tesla a en effet perdu 7,7% lundi à Wall Street. Cette chute est-elle liée à la blague d’Elon Musk? Difficile à dire. La firme n’est pas dans sa meilleure période. Elle a enchaîné les couacs tout au long du mois de mars, perdant 20% de sa valeur en 30 jours.

La semaine dernière, le constructeur a annoncé le rappel de 123.000 Model S – son véhicule phare – suite à un problème de corrosion observé dans les régions très froides. Quelques jours avant, une Tesla avait été impliquée dans un accident mortel en Californie, alors que son propriétaire utilisait la fonction pilote automatique. Une enquête a été ouverte.

Perte de confiance

Mais les premiers signes de la période difficile que traverse l’entreprise sont apparus dès le début d’année. Tesla a annoncé en janvier que seulement 2.500 véhicules de son nouveau Model 3 sortiraient toutes les semaines de ses chaînes de montage, alors qu’elle avait initialement prévu un rythme de production deux fois plus rapide.

De plus, l’agence Moody’s avait dégradé la note de l’entreprise de B3 à Caa1 fin mars, estimant que le constructeur n’atteindrait pas ses objectifs de vente de 2.500 véhicules par semaine, également promis par Tesla. Un ensemble de facteurs négatifs qui a fait fondre la capitalisation boursière de l’entreprise d’une dizaine de milliards de dollars.