Roberto Fani

«Une émotion aussi grande que la naissance de mon fils»

21 Novembre 2017 Par France Clarinval
Roberto Fani
L’apparente simplicité de la cuisine de Roberto Fani cache des trésors de technique.  (Photo: archives Explorator)

Roberto Fani, à la tête du restaurant qui porte son nom à Roeser, s’est vu récompensé d’une étoile lors de la parution du guide Michelin Belgique-Luxembourg ce lundi. Ses réactions.

Quand l’écran derrière Michael Ellis, patron du guide Michelin, a zoomé sur Luxembourg et a pointé Roeser, le cœur de Roberto Fani s’est mis à battre la chamade. Et quelques secondes après, c’est bien lui qui montait les marches, enfilait la veste blanche et posait pour les photographes. Il y avait un étoilé de plus dans le ciel de la gastronomie luxembourgeoise.

Surpris, il réussit seulement à dire qu’il est «très content» et à saluer son équipe «entièrement italienne». Nous lui avons donc laissé 24h pour digérer la nouvelle (et pour fêter cela dignement), avant d’aller à sa rencontre ce mardi en fin de service dans son restaurant de Roeser. Il reste quelques clients qui traînent un peu et grignotent les succulents chocolats réalisés par le chef, passionné par le cacao et ses préparations. Le téléphone n’arrête pas de sonner.

«C’est comme ça depuis ce matin, entre les messages de félicitations et les demandes de réservation, je passe un temps fou à répondre au téléphone», constate Alexandre, le maître d’hôtel qui garde un calme olympien en remplissant le carnet. Ce mardi midi, 18 couverts ont été honorés, «à peine plus qu’un mardi normal, mais on sent un engouement, une vibration spéciale. Les semaines à venir seront intenses.»

Roberto Fani prend le temps d’analyser cette «émotion aussi grande que la naissance de [son] fils». Il est d’autant plus fier que le restaurant n’est ouvert que depuis 18 mois et, «même si on fait tout comme un étoilé, le pain maison, les pâtes maison, les mignardises, les chocolats, et bien sûr les fonds… c’est rare d’avoir une étoile si vite». Il a bien eu besoin d’un temps d’adaptation, notamment pour trouver les produits et les fournisseurs qui lui convenaient, mais le chef considère que la vitesse avec laquelle les inspecteurs Michelin lui ont accordé leur confiance vient de la qualité et la complicité de son équipe: «On se connaît depuis des années, on a déjà travaillé ensemble, les réflexes, la compréhension, l’envie de bien faire est là depuis le début», reconnaît-il. «On a toujours en ligne de mire de faire mieux chaque jour, on ne s’en lasse pas.»

Ne pas oublier ses racines

Arrivé à Luxembourg en 2015 comme consultant pour l’ouverture du restaurant Divino, Roberto Fani ne devait rester que les six à huit mois que durait sa mission. «Ma femme était restée en Italie avec notre fils, et elle faisait tourner la trattoria que j’avais ouverte en 1997 dans ma ville natale de Terni [Ombrie].» Après des années comme consultant, qui suivent les années comme chef, Roberto Fani a envie de retourner derrière les fourneaux. Le local à Roeser lui paraît tout à fait à sa mesure pour y réaliser la cuisine qu’il aime.

C’est ainsi qu’en avril 2016, Fani ouvre ses portes et séduit d’emblée par la qualité de ses préparations qui puisent dans la tradition pour l’amener à un haut niveau gastronomique. «Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient pour pouvoir se surpasser.» La famille est désormais rassemblée au Luxembourg et Roberto a maintenant une raison supplémentaire d’y faire briller son nom.