Cahiers de la BCL

Une dette plus lourde pour les ménages endettés

08 Septembre 2017 Par Frédéric Antzorn
Dette des ménages
Au Luxembourg en 2014, 54,6% des ménages étaient endettés. (Photo: Paperjam.lu / archives)

Dans un nouveau cahier qu’elle vient de publier, la Banque centrale du Luxembourg relaie une étude intitulée «Household debt burden and financial vulnerability in Luxembourg», consacrée à la vulnérabilité financière des ménages au Grand-Duché.

Réalisée par Gaston Giordana et Michael Ziegelmeyer, cetteétude utilise des informations bilantaires collectées lors de la première et de la deuxième vague de l’enquête sur le comportement financier et de consommation des ménages, selon leurs caractéristiques socio-économiques, avec des échantillons représentatifs pour les années 2010 et 2014.

«Nos résultats empiriques n’aboutissent pas à un message général mais dressent une image mitigée concernant les changements de l’endettement et de la vulnérabilité financière des ménages au Luxembourg», notent les deux auteurs.

Selon eux, bien que la part des ménages endettés ait baissé de 58,4% en 2010 à 54,6% en 2014, le poids de la dette pour ces ménages s’est alourdi en moyenne, «principalement à cause de prêts hypothécaires plus importants pour l’achat de la résidence principale».

Ils ajoutent que si la part des ménages endettés qui sont financièrement vulnérables n’a pas changé de manière statistiquement significative entre 2010 et 2014, cette augmentation l’est par contre si le ratio dette-sur-revenu est employé pour identifier les ménages vulnérables.

Ces ménages représentaient 1,4% des ménages endettés en 2010 et 2,2% en 2014, précisent encore Gaston Giordana et Michael Ziegelmeyer.

Des signes mais pas de preuves

Ils indiquent en complément que les corrélations estimées entre les indicateurs de vulnérabilité et les caractéristiques des ménages suggèrent d’une part qu’il est moins probable que des ménages dans des groupes socio-économiques défavorisés – en termes d’éducation, de situation professionnelle et de statut de propriétaire de la résidence principale du ménage – soient financièrement vulnérables.

Et, d’autre part, que des niveaux faibles de revenu et de patrimoine augmentent la probabilité des ménages d’être identifiés comme étant financièrement vulnérables.

«Cependant, l’analyse de la médiane des indicateurs suggère que les ménages à faible revenu sont ceux qui ont les plus faibles encours», notent enfin les deux auteurs, pour lesquels il y a «des signes mais pas de preuves incontestables» d’une augmentation de la charge de la dette médiane et de la part des ménages financièrement vulnérables entre 2010 et 2014.

Selon eux, un travail de recherche supplémentaire est nécessaire afin d’établir les implications, en termes de stabilité financière, de la vulnérabilité financière des ménages, «notamment en effectuant des tests sur l’endurance de ces ménages à des chocs économiques défavorables».