Médecine

Une chercheuse luxembourgeoise sacrée en Belgique

02 Octobre 2017 Par Jean-Michel Lalieu
Emmanuelle Wilhelm Université catholique de Louvain
Emmanuelle Wilhelm tente de décoder les mystères du cerveau. (Photo: L'Oréal-Unesco)

La jeune Luxembourgeoise Emmanuelle Wilhelm, chercheuse en neurologie à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, vient de remporter le prix «L’Oréal-Unesco For Women in Science 2017». Elle travaille sur le contrôle de la motricité.

Diplômée en médecine de l’Université catholique de Louvain (UCL), en Belgique, depuis 2016, la Luxembourgeoise Emmanuelle Wilhelm vient de remporter une des trois prestigieuses bourses «L’Oréal-Unesco For Women in Science», décernées tous les deux ans au niveau belge, en partenariat avec le Fonds national de la recherche scientifique (FNRS). Une prime qui lui permettra de financer les deux premières années de sa thèse de doctorat entamée l’an dernier dans les neurosciences.

Le constat semble aberrant en plein 21e siècle, mais les femmes restent sous-représentées dans le domaine de la recherche scientifique. Selon Brigitte Bekaert, la responsable du prix chez L’Oréal Belgique, qui cite une étude récemment réalisée auprès de 5.000 Européens, «69% des gens estiment encore que les femmes n’ont pas les capacités pour faire de grandes découvertes. Neuf sondés sur dix pensent par ailleurs que les femmes ont les aptitudes pour travailler dans tous les secteurs, sauf dans le domaine scientifique, faute d’esprit analytique».

69% des gens estiment encore que les femmes n’ont pas les capacités pour faire de grandes découvertes.

Brigitte Bekaert, responsable du projet L’Oréal-Unesco For Women in Science, directrice Communication L’Oréal Belgique

D’où la nécessité de soutenir les travaux de jeunes chercheuses comme Emmanuelle Wilhelm. Originaire d’Useldange, elle est partie étudier la médecine à l’UCL en quittant le Lycée classique de Diekirch. Au cours de son parcours universitaire, elle se passionne pour le cerveau et se spécialise en neurologie.

Actuellement intégrée au Cognition and Action Lab au sein de l’Institut des neurosciences de l’UCL, elle travaille sur les dysfonctionnements du cerveau et les problèmes de motricité. «Mon projet est de mener des investigations pour mieux comprendre le contrôle de la motricité», explique la jeune chercheuse. «L’essentiel de mes recherches se concentre sur le noyau sous-thalamique à partir de patients atteints de la maladie de Parkinson.»

Plus loin que Parkinson

Mais ses résultats doivent permettre d’aller plus loin que la maladie de Parkinson. En maîtrisant mieux l’action du noyau sous-thalamique, elle pense pouvoir obtenir des résultats qui aideront les patients souffrant d’alcoolisme et d’autres types d’addictions, de troubles obsessionnels compulsifs ou de trouble de l’attention et de l’hyperactivité chez les enfants.

Emmanuelle Wilhelm vient d’entamer la deuxième année d’un programme de quatre ans de recherche. La bourse de 60.000 euros obtenue grâce à son récent prix financera les deux premières années de son doctorat. Les deux autres seront prises en charge par le FNRS.

Ensuite? «Trois années de pratique en hôpital pour obtenir mon diplôme de neurologue. Après cela, j’aimerais pratiquer, mais aussi consacrer une partie de mon temps à la recherche et à l’enseignement», précise la lauréate.