Sécurité intérieure

Une attaque terroriste simulée à la Rockhal

14 Janvier 2019 Par Thierry Raizer

Un premier vaste exercice antiterroriste s’est déroulé samedi durant toute la journée à Esch-Belval. L’ensemble de la chaîne de secours, des forces de l’ordre et la gestion de crise de l’État ont été testés sous pression avec un bilan jugé satisfaisant.

«Le Luxembourg n’est pas une île.» Comme le fait remarquer le bourgmestre d’Esch-sur-Alzette, Georges Mischo, les autorités doivent se préparer à toute éventualité, y compris celle d’une attaque terroriste. 

Un scénario catastrophe qui s’est produit de manière fictive samedi à la Rockhal à Esch-Belval. Après avoir reçu dans la matinée leurs instructions au Lycée Belval, 1.000 figurants ont assisté à une représentation d’un DJ. C’est aux alentours de 11 heures qu’ils ont été la cible d’une attaque menée par cinq terroristes, attaque à laquelle la presse n’a pas assisté pour ne pas dévoiler le modus operandi de la police.

Objectif de la journée: tester le bon déroulement de toute la chaîne de secours, l’intervention des forces de l’ordre et, plus globalement, la gestion d’une crise d’ampleur nationale. Un exercice pour lequel la Rockhal était aussi demandeuse afin de se préparer à une telle éventualité.

La coordination globale était assurée par le Haut-Commissariat à la protection nationale, dont l’une des trois missions est la réponse à la lutte antiterroriste. Celle-ci se décline à plusieurs niveaux dans le plan «Vigilnat», comme l’explique Luc Feller, haut-commissaire à la Protection nationale:

Quelque 300 policiers et autant de forces de secours du CGDIS (Corps grand-ducal d’incendie et de secours) étaient mobilisés pour gérer les victimes: des morts pour certaines, des spectateurs qui ont pu s’échapper indemnes pour d’autres et, selon le scénario établi, une centaine de blessés à différents degrés qu’il a fallu prendre en charge, tout d'abord au Poste médical avancé (le PMA). C’est à cet endroit qu’un premier tri des blessés a été effectué, comme le précise le Colonel Raymond Guidat, en charge de la direction de la stratégie opérationnelle au CGDIS:

   

Des forces de secours des territoires voisins sont aussi venues prêter main-forte pour gérer le flux de blessés, leur apporter les premiers soins et les diriger vers le Centre hospitalier Emile Mayrisch (Chem). En visite sur le site, le gouverneur de la province de Luxembourg belge, Olivier Schmitz, a pris bonne note du déroulement de l’exercice, lui qui est responsable de la planification des secours:

 

Durant l’après-midi, le Premier ministre et ministre d’État Xavier Bettel (DP), qui exerce la tutelle du Haut-Commissariat à la protection nationale, la ministre de l’Intérieur Taina Bofferding (LSAP, tutelle du CGDIS) et le ministre de la Sécurité intérieure François Bausch (Déi Gréng, tutelle de la police), ainsi que le vice-Premier ministre et ministre de la Justice Félix Braz (Déi Gréng) sont venus constater sur place le déroulement de l’exercice.

Pour les responsables politiques, l’enjeu est aussi de tester le fonctionnement des services publics avec une mise en situation aussi proche du réel que possible. Et d’accueillir des patients en plus des victimes de l’attentat simulé, comme l’indique Georges Mischo, bourgmestre d’Esch-sur-Alzette et président du Centre hospitalier Emile Mayrisch (Chem):


(Photo: Chem)

Après six mois de préparation et une journée intense, l’heure était samedi soir au débriefing à chaud, avant un bilan détaillé qui va s’étendre dans les prochaines semaines. De l’avis de tous les interlocuteurs rencontrés, l’exercice a le mérite de préparer le Luxembourg à une éventualité de l’époque et s’est soldé par un bilan positif, sans couac majeur. 

Sur le terrain, les moyens, tant techniques qu’humains, semblaient déployés en suffisance au moment de la visite de la presse en après-midi, lorsque la majeure partie des victimes avait déjà été prise en charge. Reste à s’assurer que les détails ne seront pas négligés, comme la bonne communication entre les personnes au moment du «dispatching» des blessés. En cas d’attaque réelle, l’émotion ajoute toujours un stress supplémentaire, qu’il est difficile de prévoir.