Ligne RGTR 100% électrique

«Un pas de plus vers la décarbonisation du pays»

08 Février 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Sept bus à moteurs électriques circulent sur la ligne 305 sur une boucle de 13,5 km entre Bettembourg et Dudelange. (Photo: Mike Zenari)

Les usagers de la ligne RGTR 305, qui relie Bettembourg à Dudelange, seront les premiers à circuler à bord de bus 100% électriques, le long d’un parcours de 13,5 kilomètres. La ligne se veut pionnière, car l’objectif politique affiché est d’électrifier la totalité du réseau d’ici 2030.

Bien que spectaculaires, les mises en service du tram et des gares périphériques de Howald et du Pfaffenthal-Kirchberg sont loin d’être les seules composantes de «la nouvelle mobilité» souhaitée par François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures. D’autres éléments, plus modestes, viennent aussi apporter leur pierre à l’édifice. C’est le cas de la mise en service effective de la première ligne RTGR 100% électrique.

Inaugurée ce jeudi et desservant 23 arrêts entre Bettembourg et Dudelange, la ligne 305 est désormais opérée par sept bus du groupe Emile Weber fonctionnant sur batterie le long d’une boucle de 13,5km. «Nous avons choisi cette ligne pour cette première en raison de plusieurs critères, dont la forte demande, notamment des entreprises situées dans les différentes zones d’activités du secteur et du Laboratoire national de santé, mais aussi du faible dénivelé du parcours», explique Romain Kribs, attaché à la direction d’Emile Weber, en référence à la nécessité de prendre en compte l’autonomie des batteries.

Les bus VDL choisis pour la ligne 305 sont chargés via deux systèmes: le principal qui utilise une caténaire... (Photo: Mike Zenari)(Photo: Mike Zenari)Le secon via une prise située à l'arrière du véhicule. (Photo: Mike Zenari)La prochaine ligne RGTR à être concernée sera la 290 entre Mersch et Luxembourg. Mais uniquement avec les véhicules de Voyages Ecker, société qui appartient au groupe Emile Weber. (Photo: Mike Zenari)Pour François Bausch, tout le réseau doit être décarbonnalisé «à l'horizon 2030». (Photo: Mike Zenari)

Ces dernières, conçues pour un fonctionnement de 18 heures par jour et la réalisation de 1.400 kilomètres quotidiens, bénéficieront d’un double système de recharge. Le principal tout au long de la nuit et le second en appoint entre deux courses, au sein de l’entrepôt. Technologie présentée comme «fiable, même si nous sommes toujours en phase d’expérimentation» selon François Bausch, elle n’en demeure pas moins coûteuse, chacun des sept bus exploités sur la ligne coûtant 450.000 euros. Contre 270.000 pour un bus de capacité identique fonctionnant avec un moteur thermique. Sans compter la mise en place des infrastructures de recharge. Des coûts répartis entre l’État pour les véhicules – 3,1 millions d’euros pour cette ligne – et le groupe Emile Weber pour les stations de recharge – 700.000 euros.

Selon les plans dévoilés jeudi par le ministre, la ligne 305 ne restera pas longtemps seule à fonctionner à l’électrique, puisque la 290 – qui dessert d’ores et déjà Mersch à Luxembourg – se verra dotée de véhicules fonctionnant à l’électricité. Et ce «avant l’été», assure le ministre qui précise que les bus utilisés seront dotés de batteries capables de fonctionner toute la journée sans avoir à être rechargées au cours de la journée.

La transition doit se faire petit à petit, mais avec des grands pas.

François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures

À noter cependant que cette électrification de la ligne ne sera que partielle, puisque seuls les bus estampillés Voyages Ecker (groupe Emile Weber) seront concernés. Ceux opérés par Sales-Lentz continueront à carburer au diesel selon l’opérateur, qui juge toutefois «logique, à terme, de faire la même chose», même si, à ce jour, ce dernier précise «n’avoir reçu aucune demande dans ce sens de la part du ministère du Développement durable et des Infrastructures qui gère le réseau RGTR».

Si la phase d’expérimentation du tout électrique se poursuit, elle vise un seul et même but: faire basculer l’ensemble du réseau de transports en commun d’ici l’horizon 2030. «À cette date, effectivement, l’ensemble de la flotte doit circuler avec des moteurs non thermiques, ce qui signifie bien évidemment les moteurs électriques, mais aussi peut-être l’hydrogène, à 100% ou de manière combinée avec l’électrique», annonce François Bausch qui plaide pour une transition qui «doit se faire petit à petit, mais avec des grands pas», tout en saluant «chaque pas de plus vers la décarbonisation du pays».

À noter enfin que le réseau RGTR, dans sa globalité, sera entièrement repensé d’ici 2020 afin de l’adapter aux nouveaux modes de fonctionnement des transports en commun, fonctionnant désormais autour de la notion de pôles d’échanges multimodaux.