Franz Fayot (député, candidat à la présidence du LSAP)

«Un moment déterminant ce soir pour le LSAP»

22 Janvier 2019 Par Nicolas Léonard
Franz Fayot va prendre les commandes du LSAP pour les deux prochaines années. (Photo: Maison moderne / archives)

Le LSAP va renouveler ses instances ce mardi soir lors de son congrès à Bascharage. Seul candidat en lice, c’est le député Franz Fayot qui en sera le prochain président, succédant à Claude Haagen. Avec face à lui de nombreux défis.

Le congrès de ce mardi soir s’apparente-t-il à une grande lessive des instances internes de votre parti?

Franz Fayot. – «Les changements vont en effet être nombreux. Mis à part Christine Schweich, notre trésorière générale, qui se présente à sa succession, tous les autres postes sont à renouveler au sein du comité exécutif ou du comité directeur.

L’heure du renouveau vient donc de sonner?

«C’est en tout cas un moment important pour le LSAP. Cela fait partie du processus d’après les élections législatives du 14 octobre. C’est une étape importante qui concerne tout le parti. Les instances doivent redevenir le lieu où l’on décide de notre ligne, où l’on forme les gens...

On est dans le contexte d’un parti qui a perdu les élections.

Franz Fayot, candidat à la présidence du LSAP

Vous êtes le seul candidat à la présidence. N’est-ce pas dérangeant?

«Je pense qu’il y a souvent eu, dans notre parti, une sorte de consensus. La dernière fois, Claude Haagen était face à un seul autre candidat. Mais c’est vrai que cette fois, il n’y a personne d’autre.

Qu’est-ce que cela signifie?

«Sans doute que c’est une tâche ardue. On est tout de même dans le contexte d’un parti qui a perdu les dernières élections, ou du moins, qui y a laissé des plumes en nombre de sièges. Il y a un gros travail à fournir. Cela a sans doute calmé les ardeurs de quelques-uns qui voulaient se lancer.

Mais pas vous...

«J’ai commencé à consulter dès le mois de décembre. J’ai eu des échos positifs quant à ma candidature. L’idée a ensuite fait son chemin.

Vous n’avez aucune crainte?

«Il va y avoir beaucoup de travail. Mais c’est avant tout un travail d’équipe, il faut une mobilisation collective, tant au niveau du comité directeur que des sections locales. Finalement, je ne suis que le pilote de cet ensemble.

On doit redevenir plus démocratique, impliquer davantage nos membres.

Franz Fayot, candidat à la présidence du LSAP

Quelles vont être vos priorités?

«Il faut agir à trois niveaux. Premièrement, on doit travailler les thématiques qui sont proches des gens, qui s’inscrivent dans leur quotidien. Deuxièmement, on doit repérer et former de nouveaux talents, en veillant à un bon équilibre entre les hommes et les femmes. Troisièmement, il faut réformer nos structures, nos processus de travail et de décision... On doit redevenir plus démocratique, impliquer davantage nos membres.

Et sans doute impliquer les jeunes. Au LSAP, ils ont un nouveau président et sont assez virulents. Comptez-vous sur eux?

«Oui. Ils ont envie de changer les choses, comme moi. Ils sont là tout à fait dans leur rôle, ils doivent tester la mauvaise conscience du ‘grand parti’. C’est dans l’ordre des choses. J’étais à leur congrès. Je veux les écouter et les inclure davantage. 

Se repositionner à gauche, ce n’est plus comme cela qu’il faut voir les choses.

Franz Fayot, candidat à la présidence du LSAP

Le salut du LSAP passera-t-il par un positionnement plus à gauche?

«Se repositionner à gauche, ce n’est plus comme cela qu’il faut voir les choses. Ce n’est pas la solution miracle, en tout cas pas celle qui sauvera un parti socialiste. Ce qu’il faut faire, c’est, pour chaque thème de société, se demander quel est l’intérêt pour le bien-être de chacun dans ce pays.

On évoque votre possible montée au gouvernement si un ministre LSAP venait à le quitter. Ce qui est de l’ordre du possible?

«J’ai aussi entendu cette rumeur. Je réponds que ce n’est pas à l’ordre du jour. Quand un ministre est élu, c’est pour a priori assumer tout son mandat. Et moi, si je prétends être président, c’est bien pour un mandat de deux ans. Il n’y a pas d’autres spéculations à faire à ce jour.»