Bilan culturel - Neimënster

«Un lieu magnifique pour créer»

07 Août 2017 Par France Clarinval
Neimënster doit (re)devenir le centre de rencontres que son nom indique», insiste Ainhoa Achutegui.
Neimënster doit (re)devenir le centre de rencontres que son nom indique», insiste Ainhoa Achutegui. (Photo: neimënster)

Tout au long de l’été, Paperjam.lu interroge les responsables d’institutions culturelles pour dresser le bilan de l’année écoulée et se pencher sur la saison à venir. Ainhoa Achutegui, directrice du Centre culturel de rencontre Neimënster a répondu à nos questions.

Madame Achutegui, quel bilan tirez-vous de la saison écoulée?

«Comme nous ne fonctionnons pas par saison mais par année civile, je ne peux pas encore vous donner un bilan complet pour 2017. Mais je peux vous donner les chiffres de fréquentation pour l’année 2016, qui sont stables par rapport aux années précédentes: nous avons accueilli 64.250 spectateurs, un chiffre dont nous sommes fiers, bien évidemment. 

Quel a été selon vous l’événement phare des derniers mois à Neimënster?

«Un des évènements phares entre septembre 2016 et juillet 2017 a été le festival ‘Hate’ avec des pièces traitant des sujets comme le hate-speech, la haine dans les médias, le racisme, la haine envers le corps. Ce focus très ambitieux, proposant même la pièce emblématique de Milo Rau ‘Hate-Radio’ sur la préparation du génocide au Rwanda, n’a malheureusement pas attiré un public nombreux. Mais je ne regrette pas ce festival qui nous a apporté une couverture médiatique comme nous n’en avons jamais eu et un public attentif, intéressé et touché par la thématique. Aucun regret!

Y a-t-il eu des nouveautés récemment?

«Pour la première fois, nous avons tenté une grande résidence d’artistes dans le domaine de l’opéra pour monter la pièce ‘Così fan tutte’ de Mozart. Nos partenaires étaient l’Ensad de Nancy ainsi que les amis de l’Opéra.

Quel est votre coup de cœur pour la saison prochaine?

«Mon coup de cœur sera la grande exposition sur Stefan Zweig et l’exil que nous proposons avec le Theatermuseum de Vienne.

Quels sont les axes de développement pour les années à venir?

«Nous aimerions développer plus fortement les résidences, car nous avons un lieu magnifique pour créer, où nos artistes peuvent dormir, manger, répéter, échanger entre eux et être accompagnés. Neimënster doit (re)devenir le centre de rencontres que son nom indique.

Plus généralement, quels sont les points importants auxquels le monde de la culture doit faire attention?

«Pour faire évoluer le monde, la culture doit faire plus attention à son public. Il est important que ce dernier ne soit pas oublié, et qu’il soit accompagné et surtout respecté, en continuant à lui proposer de la qualité. Un public respecté, même éventuellement restreint, tire plus d’un évènement culturel pour sa propre vie, ses valeurs, ses questionnements. Ce ne sont pas les chiffres de fréquentation ou les recettes qui doivent déterminer si une institution ou une œuvre d’art a sa place dans notre société, mais l’apport qualitatif de celle-ci.»