Luxembourg City Film Festival

«Un festival jouissif»

01 Février 2018 Par France Clarinval
La conférence de presse du LuxFilmFest est un marathon pour annoncer les quelque 80 films qui seront présentés pendant les 11 jours de festival. (Photo: Edouard Olszewski)

Le Luxembourg City Film Festival a annoncé sa programmation et la composition de son jury. Le niveau monte et la qualité est au rendez-vous.

Ça aura été le mot le plus utilisé de la conférence de presse du LuxFilmFest: jouissif. Alexis Juncosa, en charge de la programmation, ne boudait pas son plaisir et sa fierté – qu’il partage naturellement avec l’équipe et le comité artistique – à chaque nom dévoilé, chaque titre égrené. Il faut bien reconnaître que cette 8e édition a de la gueule.

D’abord parce qu’elle permet au public d’aller dès ce soir applaudir Vicky Krieps dans son premier film américain, «Phantom Thread», qui sera présenté en avant-première, comme un amuse-bouche au LuxFilmFest. La comédienne luxembourgeoise a eu les faveurs de la presse américaine et se présente avec une modestie naturelle devant ses compatriotes.


Un premier petit bonbon, donc. L’autre belle nouvelle est la composition du jury international qui sera placé sous la haute autorité d’Atom Egoyan. Le réalisateur canadien à la carrière prestigieuse («De beaux lendemains», «Exotica», «Ararat»…) sera rejoint par son compatriote réalisateur Bruce McDonald, par l’actrice portugaise Leonor Silveira, par le producteur et réalisateur installé au Luxembourg Stephan Roelants et par la chef décoratrice française Anne Seibel.

Viennent ensuite les annonces des films en séances exceptionnelles. Le très beau «The Breadwinner» fera l’ouverture, «pas parce que c’est une coproduction luxembourgeoise, pas parce qu’il est dans la course aux Oscars, mais parce que c’est une histoire forte, touchante et universelle», a détaillé le programmateur. En clôture du festival, un autre film d’animation, «Isle of Dogs» de Wes Anderson, clin d’œil à l’exposition consacrée à son travail organisée dans le cadre du festival l’année dernière. Le film fait l’ouverture du festival de Berlin, gage de qualité. Autre pépite choisie pour un événement spécial: «The Death of Stalin» d’Armando Iannucci sera le film support de la cérémonie de remise de prix. Censuré en Russie, le film dépeint les derniers jours du dictateur qui entraîneront le régime dans un chaos aux innombrables ressorts comiques.


Isle of Dogs de Wes Anderson, le film de Clôture (Photo: Twentieth Century Fox)

Compétitions

Si la compétition officielle n’est pas truffée de noms connus du grand public, elle démontre cependant le soin apporté par le comité artistique pour établir une sélection d’un niveau international et qui brasse des thématiques on ne peut plus actuelles. «Beaucoup sont des films qui dénoncent, qui pointent des drames sociaux et jouent avec les codes des genres», détaille-t-il. Cette sélection dresse un panorama du cinéma contemporain international avec des films en provenance d’Iran («Disappearance» d’Ali Asgari), d’Israël («Foxtrot» de Samuel Maoz), de Chine («Free And Easy» de Jun Geng), du Luxembourg («Gutland» de Govinda Van Maele), de Suède («Holiday» d’Isabella Eklöf), des États-Unis («Lean on Pete» d’Andrew Haigh), d’Indonésie («Marlina the Murderer in Four Acts» de Mouly Surya), de Grèce («Pity» de Babis Makridis), de Roumanie («Pororoca» de Constantin Popescu) et d’Australie («Sweet Country» de Warwick Thornton).


Disappearance, en compétition (Photo: Habib Majidi)

Outre les dix films de fiction en compétition, six documentaires ont été sélectionnés pour nous ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure. Le jury documentaire sera composé de la directrice artistique du Chicago International Film Festival, Mimi Plauché (présidente), du directeur du programme arabe du Dubai International Film Festival, Erfan Rashid, du directeur de programmation du Sheffield Doc/Fest, Luke W. Moody, de la program manager du Docaviv Film Festival, Yaara Ozery, et du programmateur du Doclisboa International Film Festival, Tomás Baltazar.

Gus Van Sant, de la boxe et une série

Hors compétition, on pourra aussi voir des films qui ont fait le buzz lors d’autres festivals ou qui sont attendus. «A Prayer before Dawn» (Jean-Stéphane Sauvaire) plongera le spectateur dans l’enfer des prisons thaïlandaises et avait remué la séance de minuit à Cannes, «Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot» est le nouveau Gus Van Sant, qui y livre un Joaquin Phoenix méconnaissable en dessinateur handicapé, boycotté jusque dans sa ville en raison du caractère provocateur de son travail.


«A Prayer before Dawn» (Jean-Stéphane Sauvaire), hors compétition

Pour la première fois aussi, le LuxFilmFest s’ouvre à une série télévisée avec les deux premiers épisodes de «Bad Banks», série coproduite par Iris Productions dans laquelle Désirée Nosbusch joue des coudes avec Paula Beer. Une étrange conspiration sur fond de sécurité financière, à découvrir en exclusivité avant leur diffusion télévisée.

Les productions et coproductions luxembourgeoises trouvent toujours leur place dans le festival, et cette édition ne fera pas exception avec notamment «Ashcan» (Willy Perelsztejn), l’histoire méconnue de cette prison secrète basée à Mondorf-les-Bains (Luxembourg), dans laquelle furent détenus de hauts dignitaires nazis après la victoire des Alliés. Autre documentaire très attendu: «Schaarze Mann – Un noir parmi nous» (Fränz Hausemer) sur le premier homme noir ayant acquis la nationalité luxembourgeoise.


Ashcan, Made in Luxembourg (Photo: Bohumil Kostohryz)

Des rendez-vous tous les jours

Pendant les 11 jours que dure le festival, on pourra aussi assister à des rencontres, des ateliers, des expositions, visionner des films en réalité virtuelle, faire la fête, discuter, débattre... Le quartier général et le pavillon VR sont installés au Casino Luxembourg, véritable centre névralgique du LuxFilmFest. Une collaboration étroite avec de nombreuses institutions culturelles permet de multiplier les événements hors les murs.

Les détails du programme quotidien seront dévoilés au fur et à mesure sur paperjam.lu et sur luxfilmfest.lu