Balance commerciale

Un déficit structurel qui n’est pas inquiétant

17 Juillet 2017 Par Paperjam.lu
Arcelor Mittal
Les produits originaires de l’industrie métallurgique continuent de tirer les exportations du Luxembourg vers le haut, mais pas suffisamment pour réduire le déficit commercial. (Photo: Charles Caratini / archives)

Le déficit commercial du Luxembourg a frôlé les 6 milliards d’euros en 2015, selon le dernier «Regards» du Statec, publié ce lundi. Cette situation n’est toutefois pas inquiétante, puisque largement compensée par l’excédent de la balance des services.

Malgré une légère amélioration par rapport aux années précédentes, le déficit commercial du Luxembourg affichait en 2015 la rondelette somme de 5,96 milliards d’euros. En d’autres termes, le Grand-Duché a importé durant cette année des biens pour une valeur de 17,69 milliards d’euros, alors qu’il n’en a exporté que pour 11,73 milliards d’euros.

Une situation qui s’explique essentiellement par «la dépendance énergétique du pays, mais aussi la croissance constance de la consommation des ménages et la diminution régulière de la part de marché de l’industrie en faveur des services», détaille l’auteur de cette étude, Alain Hoffmann.

La Belgique se taille la part du lion.

Alain Hoffmann, Statec

Sans surprise, c’est l’industrie métallurgique qui tire toujours les exportations luxembourgeoises, avec près de 3 milliards d’euros en 2015.

À l’inverse, les importations les plus notables sont enregistrées dans le domaine de l’énergie, des véhicules routiers, ainsi que des aliments et boissons. À eux trois, ces secteurs totalisent environ un tiers des acquisitions à l’étranger.

C’est surtout auprès de ses voisins que le Luxembourg s’est endetté, et en particulier la Belgique, «qui se taille la part du lion», avec en moyenne 4,5 milliards d’euros versés en plus tous les ans par le Grand-Duché. Elle est suivie par l’Allemagne, les Pays-Bas et la France.

Une économie de services assumée

La balance commerciale du pays n’a cessé de se détériorer depuis 1975, un pic historique ayant été atteint en 2012 avec un déficit proche des 8 milliards d’euros.

La composition déficitaire du commerce luxembourgeois est toutefois loin d’être problématique, puisque les déficits enregistrés sur l’échange de biens sont compensés par celui des services, note Alain Hoffmann.

«Une balance commerciale négative n’est pas en soi un signe de mauvaise santé économique», explique-t-il. «La production de services consomme généralement des biens matériels en provenance de l’étranger. Par conséquent, le développement des activités de services a tendance à détériorer la balance commerciale, tout en améliorant celle des services.»

Les États-Unis en 5e partenaire

Notons toutefois que si le Luxembourg a enregistré des déficits commerciaux avec 27 pays en 2015 pour un total de 8,1 milliards d’euros, en parallèle, il a affiché des excédents avec 166 pays, dont la Grande-Bretagne, les Émirats arabes unis, ou encore la Chine, pour un total de 2,4 milliards d’euros.

Une autre spécificité du Luxembourg est sa forte activité sur le marché intérieur européen. Ainsi, 87% des échanges commerciaux du Grand-Duché sont réalisés au sein de l’Union européenne, un des taux les plus élevés des États membres.

Cela n’empêche pas de voir les États-Unis pointer en 5e position de ses partenaires commerciaux, juste après l’Allemagne, la Belgique, la France et les Pays-Bas. Cette présence s’explique «en grande partie par le vaste plan de modernisation et d’extension réalisé dans le secteur du fret aérien depuis 2011», note le Statec.