L’immanquable du week-end

Toutes les surprises de l’Est

05 Octobre 2018 Par France Clarinval
«Cold War» de Paweł Pawlikowski est un des films les plus attendus du festival. (Photo: Neue Visionen Filmverleih)

La 11e édition du festival CinÉast bat son plein. De nombreux films sont au programme, mais concerts, expositions et soirées gastronomiques ne manqueront pas d’éveiller la curiosité.

Chaque année, CinÉast, le festival du film d’Europe centrale et orientale au Luxembourg, offre une multitude d’événements culturels et festifs à travers plusieurs lieux, comme la Cinémathèque, Neimënster, le Ciné Utopia, mais aussi l’Ancien Cinéma de Vianden ou le CNA.

Si le festival dure jusqu’au 21 octobre, le programme de ce week-end s’avère particulièrement intéressant avec, notamment, la grande exposition photographique «Identités» à Neimënster. En prélude au 30e anniversaire de la chute du Mur et dans le contexte d’un repli nationaliste un peu partout en Europe, la réflexion sur la communauté d’identités des habitants de l’est de l’Europe est particulièrement intéressante.

Aussi, les artistes participant à l’exposition (Reinis Hofmanis (LV), Juris Justs (LV), Miklos Deri (HU), Jan Langer (CZ), Miroslav Predojevic (RS), Patrick Galbats (LU/HU) et Gregory Michenaud (FR/PL)) se sont penchés sur les thèmes suivants: émigration, minorités, reliques du communisme, importance de la communauté et de la religion, populisme et nationalisme, valeurs et modes de vie traditionnels et nouveaux.

Plusieurs films sont évidemment à l’affiche ce week-end, dont le très attendu «Cold War» («Zimna wojna») de Paweł Pawlikowski, réalisateur oscarisé pour «Ida» et ayant été récompensé du Prix de la meilleure mise en scène pour ce film à Cannes. Ce long métrage est un pur enchantement, tout en ellipse et en épure. Il nous emmène sur les traces d’un couple d’amants vénéneux, Zula (Joanna Kulig) et Wiktor (Tomasz Kot). Ces deux-là ne peuvent vivre l’un sans l’autre, mais dépérissent dès qu’ils sont ensemble, que ce soit dans la Pologne communiste ou dans le Paris jazzy de Saint-Germain-des-Prés.

Week-end oblige, les enfants seront chouchoutés par la programmation avec un marathon de films d’animation, une sélection de courts métrages documentaires récents en provenance d’Europe centrale et orientale.

Animation aussi, mais pour les grands, le film «Another Day of Life» (Jeszcze dzień życia) de Raúl de la Fuente et Damian Nenow suit le journaliste et reporter de guerre Ryszard Kapuściński en Angola pendant la guerre civile. Acclamé au Festival de Cannes, «Another Day of Life» est un hybride hypnotisant, mettant en vedette l’une des personnalités les plus fascinantes du monde du journalisme, qui reste avec le spectateur longtemps après la projection.

Le film roumain «I Do Not Care If We Go Down in History as Barbarians» (Îmi este indiferent dacă în istorie vom intra ca barbari) de Radu Jude est centré sur les massacres ethniques commis en 1941 par l’armée roumaine alors alliée à l’Allemagne nazie. Par ses nombreuses couches, ce film propose de nouvelles façons de raconter une histoire, repensant l’approche des pages sombres de l’Histoire et refusant de s’incliner devant la banalisation en relativisant les événements rapportés. 

Pépite originale, «Men Don’t Cry» (Muškarci ne plaču) d’Alen Drljević et Zoran Solomun revient sur les conflits armés des années 90 qui ont non seulement détruit l’ex-Yougoslavie, mais ont également laissé les blessures les plus profondes à la mémoire de chacune de ses nations. Brillamment dirigé et rassemblant une troupe d’acteurs masculins de premier plan des Balkans, ce drame captivant sur les conséquences de la guerre civile en ex-Yougoslavie aborde avec perspicacité la masculinité, les traumatismes et les préjugés.

Tout le programme est à retrouver sur www.cineast.lu