Arts numériques

Toutes les richesses de Multiplica

30 Janvier 2019 Par Céline Coubray
Myriam Bleau propose des toupies contrôlant les sons d’une composition musicale électronique et qui créent en simultané de fabuleux halos lumineux grâce à des LED intégrées.
Myriam Bleau propose des toupies contrôlant les sons d’une composition musicale électronique et qui créent en simultané de fabuleux halos lumineux grâce à des LED intégrées. (Photo : Leif Norman)

Pour sa seconde édition, le festival Multiplica, dédié aux arts numériques, voit plus grand et étoffe sa programmation, qui se déroule aux Rotondes du 1er au 3 mars.

La révolution digitale est au cœur de nos vies quotidiennes. Ce changement touche également le milieu de la création, et les artistes se sont emparés depuis plusieurs années de ces nouveaux outils et distillent leur talent dans les arts numériques.

Les Rotondes ont choisi depuis 2017 d’organiser, le temps d’un week-end, un festival qui leur est dédié pour permettre au public de découvrir toute la richesse et la multiplicité qui se dégagent des dialogues qui se forment autour de la création numérique, que ce soit en arts vivants, musique ou arts visuels.

Multiplica s’adresse aussi bien aux amateurs très avertis qu’au public familial, aux méfiants qu’aux accros. C’est par le biais de l’interaction et de l’interactivité que les visiteurs pourront découvrir le travail des artistes. À partir de techniques et d’applications bien connues, les participants à Multiplica feront plonger les spectateurs dans une réalité améliorée, tantôt divertissante, tantôt critique. Il sera possible d’y découvrir des créations d’artistes internationaux et locaux.

Pour promouvoir cet événement, l’équipe des Rotondes a d’ailleurs demandé au duo Karolina Markiewicz et Pascal Piron de réaliser, en collaboration avec Feeling Digital, une vidéo de teasing, qui est une modélisation de la rotonde 2 qui devient une véritable expérience de réalité virtuelle.

Des installations à expérimenter

Plusieurs installations interactives sont à découvrir. Antonin Fourneau utilise l’eau comme un interrupteur et anime par ce biais des milliers de LED dans son installation «Waterlight Graffiti», sur laquelle le public peut interagir librement et de manière éphémère à partir d’un pinceau, d’un spray ou d’un tampon fabriqué tout spécialement dans un workshop. Cette installation restera d’ailleurs en place jusqu’en février 2020.

«La Vallée Dérangeante» est la nouvelle œuvre de Laura Mannelli, dont on a déjà pu voir le travail aux Rotondes avec «Near Dante Experience» lors de la dernière Triennale Jeune Création, Jet Lag/Out of Sync. Pour cette nouvelle création, elle collabore avec des danseurs et des musiciens qui participent à une installation dans laquelle le public est confronté à une entité numérique, une forme d’intelligence artificielle, qui cherche à s’affranchir de sa condition de machine algorithmique. Cette coproduction Rotondes est librement accessible pendant tout le festival et sera accompagnée d’une performance chorégraphique le vendredi et le samedi.

Une troisième installation est conçue par Romain Tardy: «The Great Indecision Council» est une forme d’autoportrait de notre société à travers les mots les plus fréquemment entrés dans Google Search et Google News. Ces mots sont transformés en temps réel en signaux visuels et sonores.


THE GREAT INDECISION COUNCIL from Romain Tardy on Vimeo.

Des performances à découvrir

Avez-vous déjà vu des toupies musiciennes? C’est ce que propose Myriam Bleau dans sa performance «Soft Revolvers», puisque, grâce à des senseurs placés à l’intérieur des interfaces, chaque toupie contrôle les sons d’une composition musicale électronique et créé également de fabuleux halos lumineux grâce à des LED intégrées.

La même artiste présentera aussi en avant-première «Ballistics», une performance audiovisuelle pour cinq interfaces de pendules.

Par ailleurs, le spectacle «Les falaises de V.» propose une expérience théâtrale immersive, qui fait appel aux émotions du public, avec l’histoire d’un prisonnier qui s’apprête à échanger un de ses sens contre une remise de peine.

Côté scène, il ne faudra pas rater le concert multiple qui regroupe Actress, un des artistes les plus singuliers de l’électro anglaise et qui s’est fait remarquer lors de performances à la Tate Gallery, au Barbican ou au Arte Concert Festival, suivi de Graham Dunning, qui explore les tonalités et les textures des sons produits par les platines, ainsi que des objets trouvés, et enfin Sensu, qui, après avoir été un des artistes majeurs de l’électro underground belge, se concentre maintenant sur le disco et la musique industrielle.

Et des ateliers pour essayer

Plusieurs ateliers sont proposés tout au long du week-end: le public pourra découvrir les secrets de tournage des films de science-fiction, s’essayer à la programmation, à la découpe laser ou au mapping vidéo. Le festival Multiplica est aussi l’occasion d’un hackathon de 24h qui récompensera la création artistique la plus originale imaginée par les programmateurs.

Il y aura aussi un nouveau Cube conçu par Sonic Invasion et un nouveau Loop par Thibault Brunet.

La programmation du dimanche est plus particulièrement tournée vers le public familial avec une offre jeune public renforcée.

Tout le détail de la programmation et vente des tickets sur www.multiplica.lu.