Brexit

Theresa May perd de plus en plus le contrôle

14 Décembre 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Theresa May
L’adoption d’un amendement donnant le dernier mot aux députés sur l’accord du Brexit constitue un nouveau camouflet politique pour Theresa May, de plus en plus affaiblie. (Photo: Parliament TV)

Les députés britanniques ont voté, mercredi, un amendement accordant au Parlement l’équivalent d’un droit de veto sur l’accord final entre le gouvernement britannique et Bruxelles. Un véritable camouflet pour la Première ministre, plus que jamais affaiblie.

Theresa May devait aborder le Conseil européen des 14 et 15 décembre 2017 auréolée du succès de l’accord trouvé avec Bruxelles sur la première phase des négociations. Les députés britanniques en ont décidé autrement. Mercredi soir, après huit heures de débat et à 309 voix contre 305, ils ont adopté un amendement accordant au Parlement un quasi-droit de veto sur l’accord final du Brexit qui doit être conclu avant la fin mars 2019. Date de départ effectif du Royaume-Uni de l’Union européenne.

L’amendement adopté accorde non seulement au Parlement britannique la possibilité de s’opposer au texte que le gouvernement britannique souhaite conclure avec la Commission, mais prévoit aussi de contraindre Theresa May de le renégocier. Un véritable camouflet politique pour la chef de file des conservateurs, qui devra se justifier, ce jeudi, devant les 27 chefs d’État et de gouvernement réunis à Bruxelles, qui doivent valider l’entame des discussions sur la forme des futures relations entre les deux blocs.

Autres batailles parlementaires compliquées à venir

Car la décision des députés de «reprendre le contrôle», selon les termes de Jeremy Corbyn, chef de file de l’opposition travailliste, fait courir un risque de dérapage du calendrier des négociations. Voté avec les voix de 11 députés conservateurs, opposés à un «hard Brexit», celles des travaillistes, des indépendantistes écossais et des libéraux démocrates, l’amendement remet une nouvelle fois sur le devant de la scène les dissensions internes sur la question européenne au sein des tories.

Avec une majorité de seulement 13 voix au Parlement, via le soutien pour le moment indéfectible du parti unioniste irlandais (DUP), Theresa May se retrouve plus isolée que jamais. D’autant que d’autres batailles parlementaires se profilent d’ores et déjà.

Dont celle prévue le 20 décembre prochain, sur l’analyse d’un article de loi gravant dans le marbre la date du 29 mars 2019 comme date effective du Brexit. Un texte voulu par Theresa May pour satisfaire les europhobes, mais perçu par ses opposants comme une limite supplémentaire à toute prolongation éventuelle des négociations. De quoi empoisonner encore un peu les relations au sein de l’exécutif britannique, et donc, par effet collatéral, les relations avec ses partenaires européens.