Satellites

SES déploie sa flotte d’O3b sur le marché américain

12 Juin 2018 Par Ioanna Schimizzi
O3b mPower SES
O3b mPower a pour ambition d’être un système de réseaux «révolutionnaire et puissant qui fournira des communications en réseau à haute performance et efficaces aux utilisateurs dans le monde entier», selon SES. (Photo : SES)

SES va pouvoir déployer sa flotte de satellites O3b sur le marché américain. L’opérateur luxembourgeois a en effet annoncé ce vendredi avoir obtenu l’aval de la Commission fédérale des communications.

Le projet O3b mPower de SES poursuit sa route. L’opérateur luxembourgeois a annoncé ce vendredi que la Commission fédérale des communications (FCC) lui avait délivré l’autorisation de desservir le marché américain en déployant sa flotte de satellites O3b (pour «Other 3 billion», qui fait référence au nombre de personnes pas encore connectées à la toile), en orbite terrestre moyenne (MEO).

Pour rappel, les satellites en MEO – en opposition avec les satellites géostationnaires (GEO) – gravitent à environ 8.000km de la Terre, et sont donc quatre fois plus proches de la planète que les satellites GEO. «Au total, 26 nouveaux satellites O3b sont autorisés, en plus des 16 satellites O3b MEO déjà opérationnels et en orbite», précise Markus Prayer, porte-parole de SES, joint par Paperjam.

Tripler la flotte O3b mPower

L’autorisation de la FCC permet ainsi à SES d’ajouter quatre satellites à sa constellation O3b existante, dont le lancement est prévu pour l’année prochaine. Elle fournit également le cadre permettant à SES de tripler sa flotte O3b mPower de nouvelle génération (tout électrique) en donnant accès au marché américain à 22 satellites «surpuissants», dont sept sont actuellement en construction chez Boeing Satellite Systems, et dont le lancement est prévu pour 2021. «Les O3b mPower sont plus performants, ils permettent de fournir plusieurs térabits via la mise à disposition de 30.000 faisceaux entièrement configurables et orientables sur une surface de pratiquement 400 millions de km2, soit les quatre cinquièmes de la Terre», avait précisé en septembre dernier SES.

«Soutenir la transformation numérique à travers le monde»

Les 15 satellites restants sur les 26 autorisés «ne sont pas encore commandés», ajoute Markus Prayer. «Mais cette autorisation de la FCC donne à SES un potentiel très important sur le marché américain. C’est un des plus gros marchés, il est difficile de le chiffrer, mais la demande en haut débit et en activité y est énorme, notamment au niveau des industries, des entreprises, etc.»

Cette «constellation» de satellites O3b a pour but de soutenir «l’égalité et la transformation numériques à travers le monde», selon l’opérateur luxembourgeois. En somme, l’objectif est de répondre à la consommation croissante de bande passante dans les secteurs des télécommunications, du cloud, du transport maritime, de l’énergie, ou encore des administrations publiques.

Des changements dans l’organigramme

Il y a quelques jours, le satellite SES-12 avait également été mis en orbite, dans le cadre de la collaboration avec SpaceX. Reste que l’opérateur luxembourgeois ne profite pas d’un ciel totalement dégagé ces derniers mois.

Entre autres événements notables, les départs consécutifs de Karim Michel Sabbagh (de ses fonctions de président et CEO de l’opérateur satellitaire), de son directeur financier, Padraig McCarthy (qui avait fait valoir ses droits à la retraite), et de Marcus Bicknell, membre du conseil d’administration.

Après des résultats annuels pour l’exercice 2017, dévoilés en février dernier, globalement en recul – le bénéfice net enregistré s’établissait à près de 600 millions d’euros, soit en recul de 38% par rapport à 2016 –, les chiffres de SES pour le premier trimestre 2018 restaient sur une tendance négative, avec un chiffre d’affaires à 477,6 millions d’euros pour les trois premiers mois de l’exercice, en recul de 4,9%.

Mais pour sa première apparition publique, Steve Collar, le nouveau CEO du groupe satellitaire, s’était voulu optimiste: «Nous sommes en phase de sortie de cette période, nous voyons désormais plus clair sur ce qu’il se passera dans le futur.»