Suite au choix de Knauf

Schneider dénonce un discours «anti-industrie»

30 Mai 2018 Par Thierry Raizer
Étienne Schneider
Étienne Schneider se dit amer de la récente décision de Knauf d’installer son usine en Moselle plutôt qu’au Luxembourg. (Photo: Maison Moderne / Archives )

Le ministre de l’Économie ne regrette pas tant le choix de Knauf que le «discours anti-industrie» projeté par le Luxembourg auprès des entreprises internationales.

Étienne Schneider est amer. Le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie prévient: «Les autres ne dorment pas.» Chaque pays est disposé à «dérouler le tapis rouge» aux industriels qui veulent investir et créer de l’emploi sur place.

Suite à l’annonce mardi soir du choix de Knauf de s’implanter en Moselle plutôt qu’au Luxembourg, Étienne Schneider résume sa pensée ainsi: «Ce n’est pas forcément le cas Knauf qui me fâche, bien que nous allons devoir importer ce produit subventionné d’ailleurs par l’État pour isoler nos nouvelles maisons. Je ne comprends pas en revanche que nous donnions une image anti-industrie aux entreprises industrielles présentes au Luxembourg, ainsi qu’à leurs centrales et leur CEO.» 

La «old industry»

Quant aux arguments évoqués par les opposants au projet Knauf, Étienne Schneider rétorque que «les émissions de CO2 de l’industrie ont diminué en permanence, les technologies utilisées sont de plus en plus performantes. Ces entreprises n’ont aucun intérêt à consommer plus d’eau, c’est un facteur de coût. La ‘old industry’ n’existe tout simplement plus.»

Sur le plan politique, le ministre de l’Économie s’étonne de voir des efforts de diversification économique enrayés par un discours qui irait à l’encontre de l’industrie. «Il n’est pas vrai de dire que les emplois auraient été occupés uniquement par des frontaliers. Depuis des années, nous mettons en rapport les entreprises avec l’Adem pour donner une chance aux résidents de trouver un emploi.»

Des bourgmestres sélectifs? 

Quant au positionnement de l’Administration de l’environnement (dépendant du ministère du Développement durable et des Infrastructures, ressort géré par Déi Gréng) dans ce dossier, Étienne Schneider relève que, d’une part, elle n’était pas en faveur du projet, mais que d’autre part, l’État subventionne la laine de roche pour isoler les maisons: «Une hérésie.»

Mardi soir, son collègue de parti et bourgmestre de Sanem, Georges Engel, a indiqué dans un tweet que chacun avait fait son travail.

«Je me rappelle qu’il n’y a pas si longtemps de cela, les bourgmestres me rendaient visite pour me faire part de leurs demandes d’attirer des entreprises pour créer de l’emploi et générer des recettes dans leurs communes», note Étienne Schneider. «Apparemment, tout va très bien désormais. Il faut tout de même savoir que les infrastructures et les prestations sociales de l’État ne tombent pas du ciel.»

Entre le respect de l’environnement, l’image à l’international et la qualité de vie des habitants du pays, le cas Knauf cristallise des enjeux d’une campagne qui n’en est qu’à ses prémices.