DANS LE LAND

Questions de confiance

09 Novembre 2017 Par Paperjam.lu
Une du Land 9 Novembre
Cette semaine, le Land revient notamment sur le scandale des Paradise Papers. (Photo: d'Lëtzebuerger Land)

Chaque semaine, Paperjam.lu vous propose de découvrir les grands dossiers qui font la une du Lëtzebuerger Land. Cette semaine, focus sur la nouvelle coalition DP-CSV dans la capitale.

La nouvelle coalition DP-CSV dans la capitale devrait présenter, vendredi 10 novembre, un accord sur sept membres du conseil échevinal – quatre DP et trois CSV – et un programme qui se situe dans la continuité du travail réalisé avec les Verts depuis 2005. Les questions qui fâchent sont donc uniquement personnelles: qui aura un poste d’échevin et quel portefeuille? Sur cela, motus et bouche cousue. Sauf les évidences au DP: normalement, Lydie Polfer sera épaulée des trois prochains élus libéraux, Simone Beissel, Patrick Goldschmidt et Colette Mart – donc exactement la même composition qu’actuellement. Au CSV, les choses sont moins claires: les premiers élus sont Serge Wilmes, Isabel Wiseler-Santos Lima (l’épouse de Claude Wiseler) et Maurice Bauer. Mais le sort de ce dernier est tout sauf évident, le quatrième élu, Laurent Mosar, demandant lui aussi un mandat.

CQFD

Au fil des dernières années, les instituts de sondage Ilres et Quest ont recruté chacun leur petite armée de volontaires qui reçoivent régulièrement des invitations à participer à des sondages en ligne. MyPanel (Ilres) compterait ainsi «entre 17.000 et 18.000» inscrits, et Questions.lu (Quest), «environ 7.000». Que ces sondés en série aient fait l’effort de s’inscrire constitue une source de distorsion potentielle. Les panels risquent-ils de se recouper avec le continent obscur des commentateurs compulsifs de RTL.lu, c’est-à-dire une communauté d’internautes qui a une opinion sur tout et la volonté de la faire connaître – de préférence de manière anonyme? 

Waka Waka

Après quelques jours de suspense, les journalistes du Consortium international ont fini par trouver un lien entre les Paradise Papers et le Luxembourg. La chanteuse colombienne Shakira a placé des droits de propriété intellectuelle dans la société luxembourgeoise Ace Entertainment sàrl. Ace Entertainment sàrl est fièrement gérée par Carlo Schneider, ancien journaliste, prestataire de services de communication, vendeur de muesli et administrateur dans de nombreuses sociétés. Dont une sicav dénommée Ace Investment Fund et sa filiale, avec toujours comme co-administrateur à ses côtés le juriste de la chanteuse, Ezequiel Camerini. Sans qu’il soit possible d’établir le lien direct vers Shakira comme bénéficiaire économique d’Ace Investment Fund, il y a de nombreux indices qui font penser que cette sicav pourrait être le vrai trésor de Shakira à Luxembourg, avec des actifs à travers une filiale de plus de 170 millions de dollars. Du moins en théorie, car en 2014 et 2015, le réviseur d’entreprise a refusé d’attester la véracité des comptes annuels, faute de pouvoir contrôler l’existence des actifs. Notamment parce que Ace Entertainment sàrl avait un sérieux retard à présenter ses bilans, parce que les comptes des holdings à Malte et ailleurs qui doivent de l’argent à la sicav n’étaient pas disponibles et que des millions de dollars investis dans des fonds d’investissement étaient introuvables. Où il s’avère que le vrai scandale de la fortune de Shakira à Luxembourg pourrait être la tenue approximative des comptes par ses intermédiaires, et le fait qu’il n’y ait pas d’indicateur faisant croire que l’autorité de supervision CSSF serait intervenue.

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