Résultats annuels

PwC Luxembourg s’adapte à la mutation technologique

22 Octobre 2018 Par Jean-Michel Lalieu
John Parkhouse, PwC Luxembourg
John Parkhouse nous a confirmé être candidat à un second mandat à la tête de PwC Luxembourg. (Photo: Mike Zenari)

Au cours de l’exercice 2017-2018, PwC Luxembourg a connu une progression de 10,2% de son chiffre d’affaires. Le cabinet poursuit sa transformation et s’adapte aux nouvelles technologies. Pour lui et ses clients.

Quatre ans après l’affaire LuxLeaks, PwC Luxembourg a commandé une enquête de réputation chez Tns Ilres. Menée auprès de 1.376 résidents luxembourgeois, il en ressort comme premier enseignement que trois personnes sur quatre ont déjà entendu parler du cabinet de conseil, pourtant exclusivement au service des entreprises.

«Les résultats ne sont pas si mauvais que cela», sourit le CEO John Parkhouse, en les parcourant des yeux. Selon les chiffres publiés dans son récent rapport annuel, la réputation de PwC Luxembourg est positive à 58% et sa performance économique est jugée «bonne» à 60%. Un dernier chiffre confirmé par les résultats annuels rendus publics ce lundi.

Pour l’exercice clôturé au 30 juin 2018, le plus grand des Big Four de la Place a atteint un chiffre d’affaires de 445 millions d’euros. Une progression de 10,2%, encore plus importante qu’en 2017 (8%).

Sauts technologiques

Tous les grands secteurs d’activité sont en hausse: l’audit de 4%, la division Taxe de 12% et le conseil de 20%. Une belle progression pour le plus petit des départements, que John Parkhouse explique notamment par les changements réglementaires, mais aussi l’évolution de la technologie.

«Nous devons nous-mêmes tenir de plus en plus compte des progrès technologiques dans nos métiers, poursuit le CEO. L’audit d’entreprise, par exemple, pourra devenir un processus en continu plutôt qu’une analyse réalisée sur base annuelle. Elle apportera également de meilleures garanties et pourra lancer des avertissements plus rapidement.»

Les troupes sont stables

La technologie aura-t-elle un effet sur le personnel? À terme, certainement, mais surtout dans la recherche de nouveaux profils liés à la digitalisation et à l’analyse de données. «Le progrès technologique nous aide dans notre travail quotidien, mais notre objectif n’est pas de devenir la première firme technologique du Luxembourg. Nous continuons à miser avant tout sur l’humain», insiste John Parkhouse.

À noter que, pour une fois, le groupe n’annonce pas de forte hausse dans son personnel. Le nombre d’employés est de 2.745 au 30 juin, un chiffre quasi équivalent à celui d’il y a un an.

Pas besoin d’un second «Crystal Park» donc, comme PwC Luxembourg l’avait imaginé à côté de son siège principal? «Nous envisageons différentes pistes pour le personnel, mais plus en priorité celle d’un second bâtiment, convient Wim Piot, tax leader. Nous analysons l’option de bureaux aux frontières ou de plus petites unités dans le pays. Mais rien n’est fait…»

Attirer les talents de demain et faire en sorte de pouvoir les retenir.

John Parkhouse, CEO de PwC Luxembourg

La semaine dernière, le rapport du World Economic Forum sur la compétitivité plaçait le Luxembourg à la 19e place. Comment faire pour en gagner quelques-unes? «Tout d’abord, attirer les talents de demain et faire en sorte de pouvoir les retenir», analyse le CEO, jugeant au passage de manière positive le travail effectué par le gouvernement à ce niveau.

Réduire l’impôt des collectivités

Mais il faudra aussi se montrer plus compétitif au niveau de l’impôt des collectivités par rapport à des pays comme l’Irlande, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, les États-Unis ou la Suisse. «Nous avons déjà été en contact avec des entreprises qui ont fait le choix de ne pas s’installer à cause du taux d’imposition. Il faut se montrer concurrentiel», confirme John Parkhouse.

En poste depuis un peu plus de trois ans, le «patron» sait qu’il devra remettre son mandat en jeu puisqu’il se terminera fin juin 2019. Bien que le processus soit secret, mais déjà en cours, l’actuel CEO a confirmé à Paperjam.lu qu’il était candidat à un second mandat de quatre ans.